D….

Possible que cela arrive. Ou n’arrive pas. Quoi ? Ce dont on nous parle : du déménagement de Fnac du centre-ville. Je pencherais plutôt pour la première occurrence. Et quand on dit déménagement, on lira plutôt disparition. Autant aller dans le sens de l’histoire. Qui lit, qui écoute de la musique ? Achète-on encore des ordinateurs ? Oui. Ou plutôt comme disait Anatole France : enfin, oui, n’est-ce-pas, tout de même. Est-ce que ça rapporte autant ? Guère.

Constatons que la ville se vide de tout magasin d’envergure, à la fois en qualité et en quantité. C’est, quelque part, le retour du petit commerce. Oh, pas l’épicerie de la mère Carrier ou la librairie de mademoiselle Dargent ; celles-là sont mortes, archi-mortes et enterrées. Si résurrection il y a (il y aura) ce sera sous la forme du rare et du cher. Dans l’avenir, les boutiques seront distinguées ou ne seront pas.

Que trouve-t-on ici qu’on ne trouve pas ailleurs ? J’ai connu une époque où les chics Rouennais allaient faire emplette à Paris. Il n’y a là qu’on trouve ça. On parlait de tissu, de vaisselle, de polos estampillés. Rouen alors, c’était encore Le Vieil Elbeuf. Our pour rester dans le ton, La Rôtisserie de la reine Pédauque. Mais assez sur ce sujet impressionniste.

Mais alors quid du palais des courants d’air ? Une fois la centrale d’achats des cadres disparue, que deviendra l’Espace du Palais ? Déjà on le visite comme un musée d’autrefois, avec salles vides, rares visiteurs et gardiens au regard lointain. Les trois ou quatre boutiques qui restent sont comme les défenseurs d’une tradition. Les indiens de la réserve ou peu s’en faut. Du reste, constatez que ces Sioux ne vendent plus que des bijoux ou des colifichets exotiques. Les palmiers suivent.

Pour vous consoler (pas moi, j’ai toujours méprisé ces lieux) il vous suffit de remonter à la surface. Là, c’est un peu mieux. Du moins l’été. On s’y expose autour de verres colorées ou d’assiettes garnies. L’hiver, on prend des mines de réfrigérés devant des boissons chaudes servies dans de grandes tasses blanche. Enfin pas moi, les autres. A ce sujet, je me suis toujours interrogé sur cette loi anti-tabac dans les cafés. A la fin des fin, il s’agit surtout d’une loi pro-terrasse pour les bistrotiers en mal de renouveau. On découvrira un jour qu’il y avait du consortium Pernod-Ricard là-dessous.

Je sais de quoi je parle : ancien fumeur, ancien buveur, et bientôt ancien liseur et ancien auditeur ; que voudriez-vous que j’aille faire à l’Espace du Palais ? Qui se souvient que cette incongruité nous fut vendue comme une des plus importantes opérations immobilières de l’ère Lecanuet. Là, les investisseurs disposeraient du meilleur pour le plus cher. Quarante ans plus tard, revendus et loués en précaire, qu’en reste-t-il ? Comment les riches sont-ils riches ? Ne leur vole-t-on pas leur argent aussi souvent que possible ? Réponse : ils revendent à temps.

Oui, que va devenir L’Espace du Palais ? J’ai ma petite idée. Je vous dirai ça bientôt.

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