CDLXLVIII.

Les gens sont extraordinaires. L’autre jour, j’évoquais la figure, plus ou moins célèbre ici, d’un ancien conseiller municipal. Il venait de disparaître dans le pur anonymat. Pour la presse locale : inconnu au bataillon, aucune mention, ce que je déplorais (sans trop de ferveur). Pour parler le rouennais sans peine : voilà t’y pas que je me suis fait incendier par la famille. Je n’avais pas à mentionner l’homme en question et surtout à en dire quelque chose. Bref, à en faire des figures de style. Le message récriminant s’achevait par : le connaissiez-vous vraiment ?

La belle affaire ! Comme si, sans connaître ou en connaissant, on pouvait dire quoi que ce fut ! Comme disait je ne sais plus qui : tes trucs, c’est de la poésie. Il parlait de Rouen Chronicle. Il n’avait pas tort. Une parole de sympathie est aujourd’hui prise pour une moquerie ; beau monde que celui-là ! La faute à qui ? J’ai ma petite idée : les gens ne lisent plus, ils regardent les images. L’empire des signes ? Oui, si vous voulez.

L’affaire du conseiller municipal rejoint celle d’un boulanger dont la disparition navrante m’avait forcé à une chronique. Pas un pli, ses enfants ou alliés sont venus ici m’agonir. Leurs commentaires n’étaient pas tendres. Je m’étais appliqué pourtant. Dans un sens, ils avaient (ont toujours) raison. Si cela me rend triste pour eux, tant pis pour moi.

Rassurez-vous, ça ne dure pas. Je me reprends vite. J’ai davantage de bêtes noires que de bêtes blanches. Vrai aussi que je me concentre. Tout ça pour dire que batailler avec ses lecteurs n’a guère de sens. Un auteur n’a pas d’adversaires sinon, en l’occurrence, un clavier capricieux (sans parler de l’orthographe). Tenez, puisque nous y sommes, aucune idée du nombre de mes lecteurs. On m’a (mon neveu Jérôme) plusieurs fois expliqué le système, mais cela dépasse mon entendement. J’ai, parait-il, des hits et des visites.

Il semble que les premiers soient préférables aux seconds. J’aurai cru le contraire. C’est d’ailleurs un de mes défauts favoris : croire le contraire. Pourtant, une visite, même brève, est mieux qu’un hit ? Non. Ce qu’il faut, c’est un clic, lequel ne dure pas. Certaines visites s’éternisent. Ainsi, l’autre jour… Mais passons.

Jérôme, toujours lui, m’a certifié que la chronique la plus cliquée (visitée ?) est celle où j’avais mentionné je ne sais plus à quelle occasion, un pape naguère célèbre. Diable ! Sur la toile, à quoi tient la renommée ! Sur le tard, écrira Wikipédia, il entama une carrière d’écrivain catholique. J’aurai des difficultés à démentir. Notez que j’ai de l’avenir. Avez-vous noté comme tout ce qui est religieux est d’actualité ? Sur la toile et ailleurs.

Bon, revenons à le connaissiez-vous vraiment ? Que dire ? Ben, oui. Pour ajouter aussitôt : mais pas tant que ça. Connais-toi toi-même dit le philosophe. La citation complète, parait-il, aurait une suite : … et tu connaîtra l’univers et les dieux. Déjà mes voisins ! Alors les conseillers municipaux et le boulanger, pensez !

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