CDLXLVII.

D’après ce qu’on lit, ça ne s’améliore pas. Je veux dire, du côté de l’ancien passage de la Cour des Comptes. Cet espace, autrefois public, devenu à demi-privatisé (avidité de promoteurs), l’est désormais tout à fait par la fantaisie des copropriétaires. On nous a offert là une belle illusion. Nos municipaux en premier, qui vendent depuis des décennies la ville aux plus offrants ; ensuite les décideurs locaux (pas ceux auxquels on pense) qui se moquent du tiers comme du quart de Rouen et ses entours.

Pourvu que leurs emblèmes politiques soient au diapason, rien n’y résiste. D’où l’affaire dudit passage. De nos jours, un copropriétaire est plus fort qu’un politique. Dame, il est dans son droit, certifié et papier timbré, il a payé pour. Tandis que l’autre, allez-y voir ! J’imagine que pour faire enlever l’antivol de la grille et laisser le passage au passage, il va falloir réunir un tribunal ecclésial. Chanoines et avocats s’en frottent (d’avance) les mains. Ira-t-on à l’arbitrage ?

Autre fermeture qui me navre, celle de prétendu parc inauguré sur la presqu’île Rollet. A peine ouvert, déjà fermé. Lui aussi doit être enchaîné la nuit (on devine pourquoi). Une fois qu’on aura jugé de l’efficacité de la mesure en nocturne, elle sera étendu au diurne. Fermé un jour, fermé toujours. Croyez-moi, le métier de serrurier, aussi sophistiqué soit-il, a de l’avenir.

Nouveauté ? Plus ou moins. Lorsque j’étais gamin, le gardien du square Solferino fermait les grilles à la tombée de la nuit. Il vous attendait en criant on ferme et agitait une cloche. J’ai connu ça. Les nuits sont faites pour dormir, pas pour se promener dans les jardins. Je dis : se promener, on me comprendra à demi-mot. Notre contemporain n’aime pas les parcs, ni les jardins. Il préfère l’espace vert. Seuls les amateurs du XVIIIe siècle comprendront la nuance.

Pour en revenir aux politiques, notons que ceux que nous élisons (façon de dire) confondent leur fonction avec celle d’agent immobilier. Pour eux, administrer la ville revient à en vendre bâtiment, mobilier ou espace. On l’a fait, autrefois, avec l’espace voué aux gigantesques parkings. Ceux-ci étant passés de mode, nos municipaux ont continué avec les supermarchés. Puis vinrent les galeries commerciales. Quoi encore ?

Peut-être la rue. Ainsi, le parcage des bagnoles rapportant moins, on vend chaussée et trottoirs aux bistrots. Qui n’a pas sa terrasse ? Le piéton, profil bas, doit désormais se glisser entre les tables. Excusez-moi, messieurs mesdames de regarder dans vos assiettes. Cette ostentation à être dehors, n’a qu’un mot : l’exhibition. Tout est public, rien n’est privé. Et pour finir, le monde nous appartient.

Sauf le passage de la Cour des Comptes, la presqu’île Rollet, et deux ou trois choses dont on nous réserve la surprise. Ah, dites, vous avez votez pour. Moi, non ? Mais si, vous avez voté pour être fidèle à vos idéaux. Pour qu’on ne vous reproche rien. Pour conserver vos amitiés. Le reste, pfuitt, pas mon affaire, qu’ils se débrouillent. Bon, puisqu’il n’y a plus de tiramisu, donnez-moi un café gourmand.

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