CDLXXXVIII.

Je reviens sur mon dîner tiramisu. Pour reprendre une série télévisée, c’était un dîner presque parfait. Un de ceux où l’on débat des questions du moment, en particulier des prochaines élections municipales. De celles qui passionnent. Et qui divisent. De fait, il est temps de paraphraser André Maurois (romancier oublié) qui, abordant de pareils sujets, disait avec bonhommie que cela divisait les 500 personnes qui, parce qu’elles se couchent tard, croient mener le monde. Il n’avait pas tort.

Ce vendredi-là, il était entendu (dans l’implicite) qu’entre neufchâtel (venu de chez Olivier) et timisoara (spécial maison, parait-il) on allait régler la question. Autour de la table circulaient autant de prénoms que de supputations en forme de certitude. Pour en être, il faut en être. Donc nous avions Catherine, Valérie, Yvon, Edgar, Bruno, Nicolas… pièces d’échiquier qu’il était bon d’évaluer à leur juste valeur. Aucune préférence là-dedans, nous sommes entre nous, voyons. Ce qu’on discute là, c’est de savoir quel temps il fera demain. On peut préférer le soleil à la pluie, mais du moment qu’on a un imper, nous sommes parés. Et c’était le cas.

Ici, parler politique, c’est cancaner sur la famille. Et en famille. Sans doute, on n’aime pas trop sa belle-sœur, mais c’est tout de même l’épouse de mon frère. Tout est dans le tout de même. Sur ça, vous ne pouvez rien. Et puis, il y a les neveux et les nièces. Vous n’allez pas aller contre, non ?

Dans cette idéologie commune, la note qui donne le ton est celle de l’affectif. J’aime beaucoup Yvon, je sais qu’il est sincère, mais… Vous croyez que Catherine a envie de la mairie ? Bruno est un garçon charmant, mais enfin, bon… Dans ces échanges l’incongru sera d’introduire un nom qui ne serait pas assez, comment dire ? Un peu comme si, n’aimant pas le neufchâtel, on vous disait avec hésitation : une Vache qui rit peut-être ? On sait fort bien qu’on aura toujours à croiser Edgar ou Nicolas. Et à peine Jean-Michel. Ou alors, oui, mais pas ici. Ce dernier ne dîne pas. En ville, j’entends.

Le pire ? C’est que les convives avaient, au final, raison. Rien de plus désespérant que de se dire qu’on restera entre nous. Qu’on aura, la prochaine fois, à dîner ou à déjeuner, Yvon ou Catherine. L’un, l’autre, ou les deux ensemble. Notez qu’on sait ce qu’ils aiment manger, c’est déjà ça. Pour le reste, ce sera une question d’agenda. Le vendredi ? Impossible. Le 12, c’est la veille du 13. Ou ce week-end, pourquoi pas ? Seront-ils libres ? Tant pis, on note vendredi.

De tout cela, l’autre soir, de ce débat entre soi, entre gens du même monde, qu’a-t-on conclu ? Sans trop de controverses et après y avoir réfléchi, tout bien pesé, je vous annonce qu’Yvon (ou Valérie) ont toute chance de l’emporter l’année prochaine. Sans regret ni enthousiasme, devant les assiettes vides et les miettes restantes, la cause paraissait entendue. Vous dire le pourquoi du comment, ce sera pour une autre chronique. Nous avons le temps.

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