CDLXXXII.

J’évoquais l’autre jour le peintre Jean Trouvé. Un autre aussi, moins oublié, plus valeureux aussi, fut le peintre Tony Fritz-Villars. Vous en ai déjà parlé ? Je crois, oui (et j’en suis sûr). Sa trace est-elle encore visible dans en nos rues et nos cimaises (beau langage) ? Né en 1910, mort en 1986, il occupait un petit atelier, rue de la Cigogne. Voilà une rue ou plus personne ne passe sinon ceux qui y habitent. A dire vrai, pourquoi passerait-on rue de la Cigogne où il n’y a rien. Un nouveau peintre, à tout hasard ? Possible. Comment savoir.

A propos, Tony Fritz-Villars n’était pas impressionniste. Et encore moins impressionné. Même Rouennais. A discuter avec lui au comptoir de La Consolation (rue de l’Hôpital), en voilà un qui vous aurait réglé le compte du grand festival en trois coups de cuillère à pot. Ou en trois blanc-cassis, époque où le Kir n’existait. Mais peut-être que Fritz-Villars n’aurait rien dit. Les morts, parfois, va savoir. C’est à se demander si là-haut, on ne change pas d’avis. La mort relativise, fait des concessions. Une fois arrivée, elle regrette. La faute à l’entourage, sans doute. Autrefois il y avait le Paradis, l’Enfer, le Purgatoire. L’Église d’aujourd’hui (Catholique, Apostolique et Romaine) a changé tout cela. Les morts, tous ensemble, vont au Paradis. Comme ici-bas, tout revient au même : personne n’a trié pour vous. Les bons, les méchants, les centristes, dans le même wagon.

L’évocation des centristes pourrait m’amener à vous dire encore du mal des politiques locaux. Je n’en ferai rien. Ils seraient trop contents. On m’affirme, ça et là, que mes écritures passent la ligne rouge. Rouen Chronicle, il faut croire, serait à ranger parmi les blogs de droite. Que ne va-t-on chercher pour flatter les gens. Et se flatter soi-même ! Si je suis en forme, je porte la contradiction aux humeurs de gauche ; puis aux humeurs de droite. Un jour l’un, un jour l’autre.

Il y a peu, dîner chez des gens charmants. A Bonsecours si vous voulez savoir. Un genre de raclette et des vins, je ne vous dis que ça. Au fil des verres, la table critiquait à qui mieux-mieux. Gouvernement, crea, municipalité rouennaise. Croyez-le ou pas, j’aurais voulu qu’Yvon Robert m’entende ! Et vous aussi, d’ailleurs. Plus godillot de gauche que moi, tu meurs. Au dessert, même Bruno Bertheuil aurait été gêné de ma ferveur.

Et Tony Fritz-Villars ? A son époque, la politique était simple. Gaullisme ou Communisme, point à la ligne. Le reste ne valait pas tripette. Jean Lecanuet avait beau dire et beau faire, ça roulait tout seul. Hasard des temps, j’ai beaucoup fréquenté ledit peintre en mai 68. On s’en doute, il jouait à l’Enragé. Ça le posait à l’artiste. Refrain connu : les jeunes avec nous ! Pour l’époque, c’était du Stéphane Hessel avant la lettre. Tiens, à ce propos, j’attends sans impatience le dîner où j’aurai à descendre cet autre fameux. Ça me posera au vieux machin ranci. Toujours insortable. Au dessert, même Edgar Menguy trouvera que j’exagère.

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