CDLXXXIX.

Entendu à la radio : Les gens n’ont pas les élections municipales en tête pour l’instant. Comme disent les Britanniques : c’est à craindre. L’autre soir, rencontre fortuite, je parle à N*** de cette vraie-fausse actualité. Réponse étonnée : ah bon, c’est l’année prochaine ? On en conclura qu’il y a toujours de l’espoir. Continuez comme ça, jeunesse, et vous arriverez à Noël sans être plus au courant. Les Fêtes passées, il sera bien temps de vous mobiliser. Trop tard : on aura choisi pour vous. Comme au casino d’Étretat : les jeux sont faits. Inutile de venir vous plaindre.

Jeune ou pas, vous avez vu qu’un animateur politique local (dans le civil plus ou moins anesthésiste) s’est déjà déclaré. Il s’estime être dans la course. Sans doute s’est-il souvenu d’une vieille lecture : Le Lièvre et la tortue. Homme pratique et mesuré, il connaît la fable de A à Z : Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Oui, tout est là. De plus, notre politique malchanceux (opiniâtre, il l’a maintes fois prouvé) possède son Jean de la Fontaine sur le bout des pattes. Comment ça ? Relisez bien ; au vingtième vers, il est dit que le lièvre laisse la tortue aller son train de sénateur.

Ne venez pas dire que vous n’étiez pas prévenus ! Donc voilà, au final, c’est la tortue qui gagne. Et elle est sénateur ou trice. Chez La Fontaine, souvent, parfois, la plupart du temps, tout est bien qui finit bien (façon de dire). Pour l’avenir, une fois la course terminée, gageons que le lièvre et la tortue, réconciliés, siégeront ensemble. De côté-ci, de ce côté-là, à un banc ou à un autre.

Je sais qu’il y a d’autres fables. Et l’on peut toujours se divertir à les invoquer pour tel ou tel candidat, passé ou à venir. D’ici l’année prochaine, on ne manquera pas d’y revenir. Continuant à bavarder avec mon ami N***, il s’estime peu concerné par le grand jeu réputé de l’année à venir. Lui, il est dans le commerce. Ceci explique cela. Ce qui l’intéresse, c’est la ville telle qu’elle est. Il répète toujours qu’il n’y a pas d’absolu, il n’y a que du contingent. C’est une sorte de saint Thomas versé dans le mercantilisme.

Incapable de vous citer trois noms des conseillers municipaux, il déplore l’état des rues, celui de la propreté, de la circulation, des places de parkings, etc. Si on le pousse dans ses retranchements, il sait (par son épouse) que les horaires des bibliothèques sont laborieux et que l’accès aux piscines est aberrant. Que les transports en commun sont ceci et cela. Que l’esthétique de la ville va à vau-l’eau. Et le commerce ! Parlons-en. Ou plutôt n’en parlons pas. Fin du singulier colloque.

D*** et moi, nous nous quittons. Moi de mon côté, lui de l’autre. Insatisfaits. Cette litanie nous ennuyait. A quoi bon ? Qu’on le veuille ou non, il faudra se satisfaire de l’avenir. Fable pour fable : Les Grenouilles qui demandent un roi ? Oui, à peu près.

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