CDLIX.

Rouen était naguère une ville de rumeurs. Combien en avons-nous connues ! Et commentées. Des un peu vraies, quelques-unes souvent fausses. Toutes alimentant les conversations de bistrot. On en tire aujourd’hui de solides études sociologiques. Il y fallait avant tout du sexe, de l’argent, de la notoriété. Au delà, rien qui vaille. Certaines semblent avoir la peau dure. D’autres ont fait long feu. Mais il semble que les jeunes générations s’en soient détournées. Peut-être ne vais-je plus assez dans lesdits bistrots. Le cas échéant, j’en alimenterais d’autres. Des nouvelles que je ne connais pas.

Ou des anciennes remises au goût du jour. Que j’ai connu autrefois et qu’on me resservirait sous de nouvelles couleurs. Admettons que rien ne change. Sur ce plan et sur d’autres. Et puis, une bonne rumeur ne doit servir qu’une fois. Savant dosage. Très subtil souvent. Mais faut-il s’occuper autant les méninges ? Si rumeurs rouennaises il y avait, elles devaient tout à l’air du temps. Ce dernier nous occupait jadis. Plus trop, maintenant.

Qu’un homme politique (ou un sportif) pique dans la caisse ou couche avec sa belle-fille, qui s’en préoccupe ? Ces écarts (la chose est toute relative) se sanctionnent au quotidien dans les tribunaux. Presque à huis-clos. Et pas pour les susdits. Pour d’autres. Ceux qu’on nomme les moindres. Les pas malin-malin. Qui se sont fait prendre. Pas de chance, le monde appartient aux habiles, magistrats y compris.

Lisez-vous les faits-divers ? Ils ne sont ni drôles, ni intéressants. La plupart du temps, ils sont sinistres. Comme le monde. Il me semble qu’autrefois… Mais dis, puisque c’était tellement bien, retournes-y à ton autrefois. Vous n’avez pas tort. Qu’on le veuille ou non, le passé est du présent de second plan. Mais il finit toujours par arriver.

Chaque matin, ce passé (ni présent, ni passé) est à chercher dans notre cher journal. Le plus souvent dans ses anciens numéros. A les feuilleter, on y lit le meilleur des nouvelles fraîches. Celles-ci nous sont plus immédiates, car elles nous disent déjà quelque chose. Vrai que pour ce qui est du présent, il ne fait pas d’effort, ce fameux journal. Il nous entretient surtout de ce qui va advenir. Quand ? Lorsque le journal paraîtra. S’il paraît !

Mais il paraît toujours. Chaque matin. C’est sa force. Son seul avantage. Tenez, hier ou avant-hier, il m’annonce que les élections municipales se préparent. Qu’on se met en ordre de marche. Et que déjà, c’est acquis, la ville bastionnée à Gauche est imprenable. Si on en discute, c’est histoire de dire. A plus d’un an, ça ne mange pas de pain d’en discuter. Le vrai journal est celui de demain.

Aujourd’hui (et demain ?) les prochaines municipales, ça intéresse qui ? Pas trop les lecteurs. Un peu les habitants. Beaucoup les politiques. En somme, le contraire des rumeurs. Et l’encontre de ceux qui alimentent les faits-divers. Il est loin le temps où il faudra s’y intéresser. Je vous parie qu’alors, il sera trop tard. Ah bon, c’est les municipales ? Mais non, voyons, c’était dimanche dernier.

2 Réponses à “CDLIX.”


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