CDLIV.

Côté anniversaire, on va commémorer les vingt ans de la mort de Jean Lecanuet. Vingt ans ! Quel bail ! Que reste-t-il, ici de Jeannot ? Pas grand-chose, j’ai l’impression. Une sourde rancœur, un peu diffuse. Certes, quelques badernes vont se réunir et se tenir au garde-à-vous. Ce sera surtout histoire de se congratuler. De se faire une petite bouffe. On parlera de choses et d’autres. D’élections futures ? Probable. Pour dire quoi ?

Pas grand-chose non plus. On est bien cinq ou six à vouloir y aller, mais après ? Notez qu’une petite dizaine, c’est suffisant. Après, on trouvera une quarantaine de noms de la société civile. Pas compliqué. Les gens sont toujours flattés d’en être. Une fois élu, on siège. On s’invite. On réceptionne. On donne son avis. Pour ce que ça sert ! Honorifique ? Parfois.

Donc allons-y. Ou n’y allons pas. Tout comme. Passe encore d’un Jean Lecanuet qui fut tant de choses, sur l’étendue ou à la fois. Mais les autres ? On a enterré il y a peu, Xavier Camillerapp. Qui fut qui, qui fut quoi ? Conseiller municipal (et un tas d’autres choses). Sa trace ici ? Comme dit le patron du Pari Mutuel Urbain : Pas un mot dans le journal. On a fêté, il y a peu, le cinquantenaire du Théâtre des Arts. Sur scène, des godelureaux à peine majeurs (au sens intellectuel). On s’est félicité, on s’est aimé, on s’est embrassé. Fallait-il rappeler le souvenir du premier directeur ? Oui, vous savez, André Cabourg. Jamais entendu parler !

A ce propos, dit le patron du PMU, Ourazi est mort. Ah ça, oui, pour un bon cheval, c’était un bon cheval. Lorsque je vais au Musée de peinture, je croise le fantôme d’Olga Popovitch. Qui fut qui, qui fut quoi ? Directrice. Et navrée de voir sa boutique servant à n’importe quoi. Elle n’en pouvait mais. Oui, ce temps disparu où le musée servait pour vin d’honneur, exposition horticole, canine, féline et remise de décoration. Tenez, c’était le temps des Camillerapp et Cabourg. Trouvez quelqu’un de plus indépendant que moi.

N’empêche, les morts sont morts. Jean Lecanuet le premier. Viendra le tour – le plus tard possible, c’est entendu – de nos actuels municipaux. Un par un. Ou tous en même temps. Je ne serais plus là pour vous en parler. Dommage. Comme dit la chanson : Ça nous aurait fait rire un peu.

Donc, déjà les listes pour 2014. Verts, Démocrates, Communistes, Droitiers et Droitistes. A l’heure de l’apéritif, on en parle au comptoir. Des pronostics ? Bof, depuis qu’Ourazi est mort ! N’empêche, à défaut de jouer gagnant, on peut toujours jouer placé. Mais, voyons, les politiques ne sont pas des chevaux ! Il en faut même de beaucoup. Pour certains, c’est indéniable.

Parlons peu, parlons bien : on aura beau dire et beau faire, on ne reverra plus Jean Lecanuet maire de Rouen. On aura même des difficultés à retrouver l’équivalent. Je veux dire : pour la longévité. Car pour le reste, seigneur, tout se discute.

3 Réponses à “CDLIV.”


  • Tout jeunot, fraîchement diplômé d’un CAP d’horloger, j’ai dû faire face, moi le gringalet, aux chocs pétroliers et à l’arrivée des Keltons, montres jetables qui mirent les horlogers dans de drôles d’états et entamèrent leur rapide déclin. Bref, La crise déjà et pour gagner ma vie je me suis retrouvé 1 an environ garçon de bureau au théâtre des arts à faire je sais plus trop quoi, environné de jolies secrétaires qui bien sur étaient coquines. Il m’arrivait d’être chargé de porter le paraphe courrier dans le bureau d’André Cabourg qui portait sur moi un petit coup d’oeil malicieux. L’homme me donnait l’impression d’être heureux; je ne sais s’il l’était. J’en ai appris des choses au théâtre, ça m’a pas mal dépucelé l’esprit. Plus tard j’ai travaillé pour le propriétaire de la Maison du Bouton, M. Rademakers (orthographe de mémoire) qui avait monté une société d’import de jeux éducatifs allemand et possédait une Mercédès 280SE blanche avec laquelle on faisait tunnel de St Cloub > Parc Expo Rouen en 30 mn. Ce patron là a poussé plus loin le dépucelage commencé au théâtre – pas physiquement s’entend…

  • cecile-anne sibout

    Et… Paul Douai ?

    Pourquoi est-ce André Cabourg et pas lui qui a été nommé à la tête du TDA ?

    = affaire ancienne, certes, mais intéressante. Même le Conseil d’Etat, d’ailleurs, été obligé de s’en mêler.

    L’explication est peut-être assez simple : il y a moins de places de direction artistique en France que de gens ayant les capacités et l’enthousiasme nécessaires pour les occuper.

    Alors le choix – à capacité et enthousiasme égaux, s’opère sur d’ »autres » critères.

  • Jérôme Camillerapp

    Qui fut qui ? Qui fut quoi ? Xavier Camillerapp a laissé sa trace ailleurs que dans les futilités et le paraître, c’est sans doute pour cela que le journal n’en a pas dit un mot…Vous en parlez mais le connaissiez-vous vraiment ? Voilà un lien qui peut vous donner quelques éléments…

    http://www.lajauneetlarouge.com/article/xavier-camillerapp-39-un-aveugle-au-service-de-la-lumiere

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