CDXLV.

Voulez-vous une leçon de philosophie politique ? La scène se passe en mairie, il y a peu. Il s’agit pour les municipaux, et les habitants du quartier, de deviser gaiement sur l’avenir de la rue de l’Hôpital. Trop de voitures, pas assez de piétons, comment y remédier ? Simple : à un bout (côté place) une borne télescopique ; à l’autre (côté rue des Arsins) de simples potelets amovibles. C’est-y-pas bath, ça ?

L’opinion des riverains est que ces amovibles-là disparaîtront aussitôt mis en place. Non, nous voulons, là aussi, une télescopique. On la réclame à corps et à cris. Qui plus est, avec une insistance jugée déplacée. Bref, ça prend une tournure que la mairie o n’aime guère. Le défaut des administrés est qu’ils rechignent à applaudir ce qu’on fait pour eux.

Télescopique, pas télescopique ? A bout d’arguments, le technicien chargé du projet se défend : Ce n’est pas prévu. Hourvari dans l’assistance ! Pourquoi nous demander notre avis ! On compte pour du beurre ! Si c’est ça la concertation !… et autres arguments de mauvaise foi lorsque la base revendique.

Vous êtes technicien à la mairie, vous avez déjà une journée de travail dans les pattes, quelqu’un vous attend à la maison, que feriez-vous ? Comme vous : j’appelle les élus à la rescousse. Ça tombe bien, voici Didier Choiset, chargé de la voirie, et Christine Rambaud, première adjointe. Laissons de côté le premier, c’est un brave type, pas le genre à faire trop de politique.

La seconde est d’une autre taille. C’est pas trois habitants et quatre commerçants du quartier qui vont la mettre au tapis. Foudroyant le malheureux technicien, elle rassure : Nous sommes là pour vous écouter. Nous allons étudier la possibilité de mettre une borne télescopique aussi à cet endroit. Et hop, passez muscade ! La température retombe et chacun s’enchante de la suite. A quand les travaux ? Bientôt. Oui, bientôt. Ah, merci, bravo, chapeau l’artiste !

Le tout est à lire (en presque mieux) dans Paris-Normandie du vendredi 14 décembre dernier, page 8, sous la signature d’Édouard Ropiquet. D’où ma leçon de philosophie politique ; ce journaliste, bien dans sa peau, relatant l’histoire ci-dessus, conclut son propos en soulignant le mérite de l’intervention salvatrice de Christine Rambaud : Par où l’on voit que la politique est aussi un métier. Oui, brave enfant, nous le savions tous.

Se demander s’il s’agit d’une bonne ou mauvaise politique n’intéresse pas. Dans l’histoire, notre élue a clos la réunion au mieux des intérêts de la municipalité (peut-être aussi pour son propre avantage). La rue de l’Hôpital aura-t-elle un ou deux télescopiques potelets ? Peu importe. Dans six mois, on expliquera que, ceci étant cela, et tout bien considéré, etc. Les râleurs se seront résignés, les autres auront oublié qu’on en a parlé. Métier politique ? Oui, apaiser, promettre et négliger qu’on a promis. Autrefois, le grand jeu était de se faire élire, puis réélire. Aujourd’hui, il est de gérer l’instant. Au flair. Christine Rambaud battue aux élections ? Vous voulez rire, jamais !

1 Réponse à “CDXLV.”


  • La mère Rambaud a écumé tous les bordels politiques avant de faire carrière chez les socialos et d’atteindre son summum actuel.
    Elle disparaîtra en 2014 en laissant aussi peu de traces dans nos mémoires qu’un potelet; qui se ressemble…

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