CDXLIII.

Qu’on ne se moque pas de moi : je viens d’apprendre qu’il existe ici, désormais, un restaurant tibétain. Parait-il depuis des années. Rue Saint-Sever. Au même endroit, antiquité, où vivotait autrefois une charcuterie nommée Au Duché de Bretagne. De Tréguier à Lhassa, quel chemin ! Idem, même rue, sur l’autre rive, on peut apercevoir Le Venise, sombre café tenu par d’autres ragazzo qu’Italiens. C’était jadis Le Locarno, brasserie prisée des noctambules. On voir par là que la rue existe dans la continuité et la persistance.

Ce que doit méditer le défunt Guy Hanot, voisin marchand de biens. De là où il est, jurons que sa philosophie de comptoir reste vigoureuse. Il en a tant vendu de comptoirs ! Entre parties de 4/21 et apéritif, il vous arrangeait le monde comme il faut. Pas certain qu’il ait eu tort.

Autre chose : Il parait (est-ce vrai ?) qu’on fête les cinquante ans du Théâtre des Arts. Si oui, ce sera sans moi. L’autre matin, ouvrant Paris-Normandie, je vois qu’on a sacrifié aux festivités mémorielles en publiant l’article inaugural de décembre 1962. Signature : Roger Parment. Dites, j’ai failli en casser ma biscotte ! Que les nouveaux directeurs continuent comme ça, ils sont certains d’y arriver. Reconnaissons toutefois que l’article a été mis aux normes du jour, c’est-à-dire caviardé d’autant. Dommage. On a perdu les cuirs, bourdes et à-peu-près de l’illustre signataire qui n’en était pas avare. J’arrête là, je connais des lecteurs à qui mes rancœurs déplaisent.

Autant faire l’aimable, quoiqu’il m’en coûte. Payer 25 euros par mois pour lire Roger Parment ! Alors que je l’ai lu gratis pendant 25 ans. Et côtoyé une dizaine d’années, rémunéré cette fois. Rien ne m’aura été épargné en fin de vie. Y a-t-il des soins palliatifs pour de pareils cas ? Pensez-vous ! C’est comme ça qu’on devient Rouennais : Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Bon. Et le Tibet ? De ce côté-là non plus, ça ne va pas fort. Si on a guère de mal à manger tibétain à Rouen, il en faut beaucoup pour atteindre l’Himalaya. C’est sympathique, guère plus. Mais pas cher. Un peu le contraire du Théâtre des Arts d’antan. Pas sympathique et cher pour Madame Butterfly, Le Pays du sourire, et autres japoniaiseries. D’où le présent anniversaire à la sauce Opéra de Rouen.

On oublie de rappeler qu’à la perspective qu’il lui faudrait financer un théâtre lyrique, André Malraux se mit en rogne. Il voulait une Maison de la Culture (quelques-uns d’entre nous aussi). La municipalité rouennaise d’alors (de toujours) tint bon. Retrouvons nos fastes d’antan. La culture, c’est pour Le Havre, chez les cocos. Le reste à l’avenant. De fait, pour l’ouverture, voici Carmen, et après Le Bourgeois gentilhomme, par la Comédie française. Lucien, voyons, on ne met plus de jaquette ! Nous sommes en 1962 ! Je le sais, j’y étais.

Ce pourquoi, en gros, je ne vais pas remettre ça aujourd’hui. Et puis aussi, raison toute bête, comment m’habiller ? Une cravate ? Voyons, Félix, nous sommes en 2012 !

1 Réponse à “CDXLIII.”


  • Des dizaines de fois, j’ai donné rendez-vous …à mon mari qui travaillait à la Cité Administrative, au Venise. Ensuite nous rentrions ensemble dans notre banlieue.
    Jusqu’au jour où j’ai pris conscience que j’étais la seule femme et qu’on me regardait bizarrement !
    Venise était loin, loin ….

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