CDXXVI.

Très amusante cette histoire de tableau volé, retrouvé et rendu. Si vous n’avez pas suivi l’affaire, je résume : notre municipalité s’est fait barboter un tableau. XIXe siècle, pas loin d’une croûte. Où, quand, comment ? C’est flou. Reste qu’il a été retrouvé au Havre, les policiers ayant été avertis par un marchand à qui la toile était proposée. Instruction, jugement : le voleur (réputé multi-récidiviste) est condamné. Il ira en prison. Fin de l’histoire ? Non.

Le tableau est signé Louis-Émile Minet, petit maître local, mort en 1923. Volée en 2008, la toile était non pas au Musée, mais entreposée quelque part. Où ? On ne sait trop. Peut-être à l’Hôtel de Ville. Comment s’intitule la toile ? On dit « Appel au déjeuner ». Date-elle de 1892 ? Oui. Ça vaut quoi ? Ce que ça vaut, pas grand-chose, peut-être 5000 euros.

Alors ? Il semblerait (adaptons le temps aux verbes) que le tableau ait été volé (c’est une hypothèse) dans le salon Louis XVI, lorsque celui-ci était en travaux. Le voleur, hésitant entre son statut d’étudiant et la cambriole, l’avait accroché chez lui. Puis s’en était lassé. Il y a peu, il a voulu le vendre. D’abord sur Internet, puis au Havre. On connait la suite.

Le Rouennais lambda (c’est moi) repose ses trois questions : Où, quand, comment ? La presse locale (une fois n’est coutume) trouve que je n’ai pas tort. Elle téléphone au Musée. Réponse : le directeur ne souhaite pas commenter l’affaire, même s’il est près heureux d’avoir retrouvé le tableau. C’est maigre, surtout lorsqu’on sait, d’après une « source proche de l’affaire » qu’il n’y a rien sur ce vol dans le dossier de recel. Re-téléphonage au Musée, qui renvoie à l’attachée de presse du maire. Dites, s’emporte le rédac’chef, vous savez combien ça coûte le téléphone ? Et, puis, il est cinq heures, y a plus personne à la mairie. Oui, pas faux. On verra demain.

Si le téléphone est cher, il est aussi compliqué. Tous ces boutons, ces répondeurs, ces clignotants, on s’y perd. La preuve ? Le lendemain, voulant joindre l’adjointe à la Culture, le directeur du musée s’emmêle les boutons. Croyant laisser un message à Laurence Tison, Sylvain Amic le laisse au journaliste.

Et le directeur d’expliquer que (dixit) ce que je vous propose, c’est de dire simplement, que le tableau était déposé, que nous étions… Euh… Qu’il a été volé il y a plusieurs années, nous étions en contact avec la police, nous attendions cette issue heureuse, nous nous en réjouissons. Mais de ne pas faire de commentaire supplémentaire qui pourrait donner des informations… Et sur le lieu du dépôt, la manière du vol, etc. Voilà…

Le tout (pour l’essentiel et presque aussi bien racontée) dans Paris-Normandie des 3 et 4 octobre 2012. Avouons que l’histoire est plus rigolote qu’autre chose. Tant qu’on a des fonctionnaires et des élus de cette force, on ne risque pas de s’ennuyer. Sans eux, pour le coup, c’est là que Rouen serait une ville sale, moche et bête.

 

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