CDXI.

Y revenir encore ? Ce qui lasse dans la presse locale, c’est ce calibrage perpétuel. Ce ton convenu, ces articles formatés, ce langage stéréotypé. L’impression qui domine : nous sommes en région, faisons dans ce genre . Donnons à tout va dans la communication telle que l’entendent élus ou décideurs. En étant à distance, nous serons objectifs. Donc journalistes. Ou le contraire ? Oui, si vous voulez.

Certes on rendra compte de ce qui a lieu, mais de manière à ce que personne n’y adhère. L’astuce : faire en sorte que ce qui est dit (écrit) le soit dans le vraisemblable. Pas le vrai, mais le semblable. Ceux qui, ici et là, témoignent, le font à titre personnel, jamais au nom d’un plus grand nombre. Ça, ce sont les faits tels que nous devons les rapporter. La pertinence, la certitude, l’ironie ? Pensez-vous ! A l’école de journalisme, on nous a dit que…

On nous a dit : surtout ne vous impliquez pas ! Songez que demain vous serez à Nîmes, à Périgueux, à Boulogne, peut-être à Paris (hé, hé). Donc pas de sentiment, jamais. Du recul, de la hauteur, de la distance. Aucun d’entre vous ne moisira à La Voix de Nord, au Midi Libre ou à Paris-Normandie. Espérez Le Monde, priez pou L’Express, damnez-vous pour la télé. N’attendez rien de la ligne 7 ou des Terrasses du Jeudi, soyez de votre temps : twittez à vos potes.

Voilà comment on fait les journaux d’aujourd’hui. Avec des gens qui ne sont pas d’ici pour des lecteurs qui le sont encore moins. Chacun d’entre eux étant muté (bientôt, dans pas longtemps) il faut s’attendre à devoir écrire les mêmes nouvelles pour les mêmes lecteurs, mais ailleurs. Dis, c’est où Ikea ici ? A droite, après Buffalo Grill. Inutile donc de s’appesantir.

Revenons à Paris-Normandie. On a assisté, ces temps derniers, à un événement rare et instructif. Dans les pages sportives, de façon presque clandestine, on a pu lire un long article (quasi une page) sur un marathonien local, héros ayant participé aux jeux olympiques de 1900. C’était du local, de l’histoire, un peu de nostalgie et d’un ton peu désinvolte. Au passage, ce vrai ton qu’ont les journalistes sportifs. Connaissant leurs lecteurs, ils savent qu’il ne faut pas écrire n’importe quoi. En région, le sport est chose sérieuse, pas un tremplin pour se mettre en valeur.

Donc l’ancêtre marathonien. L’article semble avoir eu du succès. Trois ou quatre jours plus tard, on remit ça avec l’évocation d’autres sportifs de l’ancien temps. Toujours la même veine, toujours la même pertinence. Événement rare et instructif ? Oui, car on a prouvé qu’on pouvait intéresser les lecteurs avec de l’anecdotique, de l’allongé et, à tout prendre, un objet sans utilité. Les futurs Xavier Hellie et Denis Huertas méditeront-ils là-dessus ? Pas l’ temps, mon gars.

Mais assez sur un sujet qui n’intéresse que les vieilles personnes. Notre prochain rendez-vous sera consacré à une problématique en vogue chez la jeunesse, à savoir : le sweat à capuche est-il toujours un marqueur social ?

0 Réponses à “CDXI.”


  • Aucun commentaire

Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......