CDX.

Retour sur la disparition programmée de notre cher quotidien. A la réflexion, qu’avons-nous besoin d’un journal chaque jour ? Ce qui m’intéresse, au monde et à Rouen, pour l’essentiel, je l’apprends au matin dans la salle de bains. La Seine s’arrêterait-elle de couler que le bulletin (ça ne se dit plus) de France Inter m’en aura prévenu. Pour le reste, pourquoi lire mardi ce qui s’est passé lundi ? D’autant qu’il s’agit plutôt de le lire vendredi. Les contraintes techniques, n’est-ce pas…

Pour apprendre quoi ? Toutes choses qu’on sait déjà ou à peu près. Les téléphones mobiles ont établi (et pour longtemps) ce qu’il était primordial de savoir. A tort ou à raison, beaucoup s’en contente. Si je veux savoir pourquoi la ligne 7 passera à gauche et non à droite (exemple récurrent) ça n’est pas « le » Paris-Normandie qui me le dira. Ça, les localiers n’en ont que faire. Non, ce à quoi on les oblige, c’est à donner le montant des travaux de ladite ligne. Puis, corollaire, à faire valoir le point de vue des élus ou des techniciens chargés du problème (ils sont interchangeables).

Problème qui n’en est jamais un, sauf pour en faire espérer la solution. Tout devrait être terminé fin 2013. Ou pour le Tour de France, ou l’Armada, ou les élections (n’en parler jamais, y penser toujours). Y a encore de la place pour les horaires de la piscine ? Oui.

J’attends les raisonnables commentaires habituels. Ceux qui me diront qu’on ne peut être si réducteur ou partisan. Qu’un quotidien doit contenter Pierre, Paul et Jacques. Surtout ne mécontenter personne. Que le journal qui importe, c’est celui de demain, pas celui d’hier. Celui d’hier sert aux épluchures de pommes de terre. Mais qui fait encore de la vraie purée ? Eh bien, les lecteurs de Paris-Normandie !

L’autre matin, à la radio, longue évocation de Pablo Picasso. J’apprends qu’au Bateau-lavoir, les locataires, faute de mieux, couchaient à même le sol. Pour mieux se protéger du froid, ils prenaient L’Intransigeant, journal au papier plus épais. Durant l’Occupation, ma mère envoyait la bonne à la Propagandastaffel. Y faire quoi ? Chercher brochures et magazines, excellents disait-elle, pour se chauffer ou allumer le feu. Avec quoi retient-on le lectorat !

Où se trouvait la Propagandastaffel ? Aucun souvenir. Rue Jeanne d’Arc, rue Verte ? Il faudrait relire Nobécourt. Tiens, en voilà un que la disparition de Paris-Normandie amuserait. Enfin, façon de parler. Quels conseils donnerait-il aux repreneurs ? Des conseils d’un autre temps. Quoique, peut-être pas. Vu ce que deviens le journal depuis un certain temps (articles achetés à l’extérieur, remplissages publicitaires…) Nobécourt y retrouverait une partie de sa jeunesse.

Oui, dirait-il, on faisait ainsi les journaux autrefois. Du temps du père Walter : pas de journalistes, les articles achetés à Paris, les nouvelles du château, la publicité déguisée, les petites annonces, les nécrologies, les rébus… Le personnel payé à coups de pied dans l’ cul. Ça a tenu trente ans. Et après ? Après, on est passé à autre chose. Ce qui adviendra.

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