CCCXCII.

Les plus vieux Rouennais d’entre nous ont-ils noté la disparition, à l’âge de 93 ans, d’Ernest Anne ? L’homme fut grand pratiquant, humble contempteur des Reines de Rouen et paisible habitant du Mont-Gargan. Ajoutons qu’il fut aussi (avant tout ?) conseiller municipal dans des temps forts anciens. Pour tout dire lorsque Jean Lecanuet occupait autant de postes possibles qu’imaginables : député, sénateur, maire, conseiller général et président, sénateur, conseiller régional et président, ministre… que sais-je encore ! Tout ça en même temps ou dans l’alternative. Inutile de dire que c’était autrefois, du temps des rois. Des choses qu’on ne verra plus. Ou si peu.

Ernest Anne était un brave type, un peu baderne, assez obstiné et assez malin. Sinon en Dieu, il ne croyait à rien d’autre qu’à compter sur lui-même. Et seulement. Dans un genre à peine différent, Jean Lecanuet lui ressemblait. D’où une carrière politique un brin mastoc mais tenant la route. A la mairie d’ici, on en cherche encore le mode d’emploi. L’animal, où l’a-t-il caché ? disait l’autre jour Yvon Robert. Valérie l’aura trouvé et emporté a conclut Philippe Novel. Cet ancien et futur chef de cabinet en sait plus qu’il n’en dit.

Oui, Jean Lecanuet, du temps des rois. La preuve ? On a pu lire, il y a peu, que le « Garde des Sceaux » (on évite ainsi la répétition) était « enterré » dans une crypte romane « avec sa femme ». La chose est insérée dans notre quotidien régional en liquidation, Paris-Normandie (In Memoriam), du mardi 22 mai 2012, page 7. Ces précisions pour prévenir les reproches d’approximations dont je suis, paraît-il, coupable (mais pas responsable).

Notons en passant que le signataire de l’article est, à mon seul sens, le digne héritier du style et des bourdes de Roger Parment, lui aussi journaliste dans les mêmes lieux, lui aussi conseiller municipal itou. Ma notation signale donc au présent journaleux que ses ambitions restent entières. Mais, à le lire presque chaque jour, il n’en doute pas.

Donc Jean Lecanuet fut inhumé comme Chilpéric ou Clotaire, avec ses chiens, ses armes et sa femme. Le temps aidant, ces règnes nous demeurent obscurs. En sera-t-il de même pour celui de Valérie Fourneyron ? De vieux et pieux chroniqueurs nous le diront. Quant à Yvon Robert, maire du Palais sous Frédégonde, il est à craindre que les mois futurs lui soient comme une répétition de ce qu’il a déjà connu.

Nous gagnerons en 2014 ! me dit la dame du pressing, personne liée avec l’épouse du coiffeur fréquenté par deux conseillers municipaux, l’un siégeant, l’autre jamais. Du moins, ils le disent… ajoute-t-elle. Le pensent-ils ? Cette fois, c’est moi qui parle. A l’évidence non, dans deux ans (un peu plus, un peu moins) ayant tout gagné, les socialistes perdront tout.

Viendront alors les règnes de Théobald et de Childebert. Ah ouiche, vous verrez la différence ! Et ne venez pas me dire que vous n’étiez pas prévenus. Le conseil du jour : lire Rouen Chronicle comme un vieil hebdo de la semaine qui vient.

4 Réponses à “CCCXCII.”


  • La petite souris

    Paris-Normandie manie la métonymie comme pas deux.

  • cecile-anne sibout

    Ernest Anne n’était pas du tout (dans mon souvenir) contempteur des reines de Rouen.
    Au contraire, il en faisait la promotion , les accompagnait, etc

  • Clopine Trouillefou

    OUi, je me suis fait la même réflexion que Cécile-Anne Sibout : contempteur veut dire « qui méprise »… Mais de la part de notre hôte, c’en est une simple, à mon avis, de « méprise ».

    Bien contente de ce nouveau billet : j’avais peur que Félix Phellion, que je viens juste de découvrir, ne soit en train de mettre la clé sous la porte. Or, quand on a été rouennaise, le lire est savoureux…

    Jean Lecanuet, perso je ne l’ai pas connu, ou si peu (j’ai un peu travaillé à la Mairie de Rouen sous son règne, mais très vite suis passée sous celui de François Gautier, qui s’habillait comme un pied et était d’une brutalité rare avec le personnel, mais du moins ce cynisme avait-il le mérite de la franchise !) – mais les manifs qui passaient par la rue qui s’appelait encore « Thiers », à l’époque, s’écoulaient sous les fenêtres de son appartement, qui s’alignaient à l’angle de deux rues, carrément. Généralement, ça s’animait un peu lors de ce passage, dans les cortèges, quelques vannes fusaient, mais rien de bien méchant. On commentait surtout l’hypocrisie bien connue du clergé, qui admettait tous les dimanches, à l’église, de donner la communion à un divorcé… Et la blondeur de la seconde épouse…

    Jean Lecanuet a laissé une empreinte profonde sur la Ville, parce qu’il se voyait comme un moderniste à « l’américaine ». Descendre la rue de la République en voiture découverte sous une pluie de confettis lui allait très bien… Mais bon, giscardien, centre droit, pro-peine de mort, agrégé de philosophie – sourire carnassier, certes, mais dents blanches… je crois qu’il a fait contre mauvaise fortune (l’abandon de ses ambitions nationales) bon coeur (la gestion de la ville qu’il aimait, me semble-t-il). Mais j’étais un peu jeune, et carrément à l’ouest, pendant ces années-là. Félix pourrait sans aucun doute en dire plus long…

  • La petite souris

    Ah les femmes… hein, Monsieur Félix ?

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