CCCLXXXVIII.

A peine sommes-nous sortis des élections présidentielles, qu’il faut plonger dans les législatives. Rouen Chronicle, journal romain, doit-il y sacrifier du temps et de la place ? En dehors du fait que le républicain président socialiste soit natif d’icelui, il y avait peu de raisons de s’attacher, ces dernières semaines, à autre chose qu’à décrire les états d’âme de son rédacteur. Ce que j’ai fait avec plus de franchise que de conviction.

Session de rattrapage : pour le second tour, j’avais indiqué ma préférence, celle du bulletin blanc. C’était sans compter sur l’ultime avis de mon champion et ceux, discrets mais fermes, de mes connaissances. A voter blanc, je risquais aussi (peut-être) de rejoindre, le vote bleu marine. Amateurs de Michel Pastoureau que nous sommes, le code des couleurs m’a vite rappelé à la raison. Quant à François Bayrou, il fallait le suivre, quoique qu’il en soit, jusqu’au bout. Ce que j’ai fait. Ave Imperator morituri te salutant.

Ultime raison, et je livre ceci à votre méditation, à deux pas de l’isoloir, j’ai eu le pressentiment que voter blanc allait servir l’espoir impitoyable du candidat perdant. Bref, pour faire simple, j’ai voté François Hollande par crainte de passer pour un facho, puis par celle d’en reprendre pour cinq ans. En politique, il faut toujours compter avec les trouillards. A eux seuls, ils détiennent la clé de tous les votes (les sondeurs les nomment les indécis). Ce qui me rassure, vu mon âge, on ne m’y reprendra pas (rires sur les bancs de la Gauche).

Bon. Alors, les législatives ? Pour les Rouenno-rouennais, le suspense va être mesuré. La ville vote à gauche, fait acquis. La droite légère est évanescente, la dure est inexistante. Restent les Verts et les Rouges (comptons pour rien les Orangistes du Modem qui, comme moi, devraient avoir honte d’y croire encore). Donc c’est du côté des Italiens (code des couleurs) que viendra l’intérêt (très relatif) de la chose. On additionnera, on fera des soustractions, même on divisera. Il n’empêche, ce sera pour constater, comme aux temps anciens du règne de Jean Lecanuet, que si nous voulons que tout reste comme avant, il faut que tout change (discrète citation).

Apprêtons-nous, chers lecteurs à voter pour Michel Bérégovoy, Janine Bonvoisin, Henri Colombier ou Jean Allard. Ceci, au choix, et comme il est dit chez les vieux auteurs : comme il vous plaira. Si ce n’est pas pour ceux-là, ce sera pour d’autres, ni meilleurs, ni pires. Les mêmes, mais en couleurs. Un exemple ? Tenez, sans chercher plus loin, le grand là, avec des cravates affreuses et un portable vissé à l’oreille. Comment s’appelle-t-il déjà ?

Oui, bien au froid, dans sa crypte de Boscherville, Jean Lecanuet nous regarde avec jubilation. Arpentant les couloirs de la mairie ou du conseil général (ça m’arrive) je croise les figures oubliées d’autrefois ; si je lis Paris-Normandie (ça m’arrive) je repère les tournures de phrases du passé ; regardant s’édifier l’espace Monet-Cathédrale, je vois construire le parking des Emmurées… Que voulez-vous, je n’y peux rien, chez moi c’est chronique !

1 Réponse à “CCCLXXXVIII.”


  • Clopine Trouillefou

    Bonjour, je suis une ancienne rouennaise (plus de vingt ans à arpenter cette ville tout de même) et je voudrais d’abord saluer l’ironie de votre écriture – mais aussi me renseigner. Votre « discrète citation » est d’après moi sortie du Guépard – et non de la bouche de l’ineffable Lecanuet, celui qui a tenté d’américaniser la ville ?

    Pourquoi une datation en latin, côtoyant un vocabulaire anglais ? Certes, le passé de Rouen s’appuie sur ces deux civilisations-là, aussi… Mais ce n’est pas spécifique : c’est toute la Normandie qui fut à la fois conquise en latin et conquérante chez nos voisins ??

Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......