CCCLXXXIII.

Ainsi donc dimanche, au premier tour des élections présidentielles, j’ai voté pour François Bayrou. Bientôt, deuxième tour oblige, ils se contenteront d’une enveloppe vide. Tout sera dit et pour longtemps. L’âge venant, il est peu probable que je remette ça en 2017. A 86 ans, aurai-je le temps, le goût, la force ? Autre chose aussi, demain et dans quinze jours, je vais, à l’identique, reproduire mon vote de 2007. Patinage ? Admettez que ça suffit comme ça.

En 2002, au premier tour, j’ai trouvé malin (Dieu sait pourquoi) de voter Jean-Pierre Chevénement. Puis au second, évidence, de prendre sans trop d’état d’âme un bulletin marqué Jacques Chirac (Lionel Jospin sait pourquoi). Sept ans plus tôt, en 1995, j’ai voté Dominique Voynet puis, cette fois oui, Lionel Jospin. Autant dire deux tours de perdus.

Continuons à remonter le temps. En 1988, mon premier bulletin alla à Pierre Juquin, mon second à François Mitterrand. Second bulletin à plus d’un titre puisque j’avais déjà voté pour lui au deuxième tour de 1981. Pourquoi Juquin ? Je lui trouvais l’air neuf et convainquant. Vous voyez que je parle avec franchise.

En 1981, le premier tour fut voué à Brice Lalonde, le second, toujours à Mitterrand. Pourquoi Lalonde ? Je lui trouvais… etc. Pour ce qui est de François M., c’était façon d’en finir avec l’ère qui s’achevait. Peu se souvienne que Valery Giscard d’Estaing fut aussi honni que l’est aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Ceci explique qu’au premier tour de 1974, j’ai voté Jacques Chaban-Delmas. Pourquoi ? Parce que je lui trouvais… Quant à Mitterrand, plus que Giscard, il dégageait comme un air plus frais. Les choses ont tourné autrement par la suite.

En 1969, une des rares élections pour laquelle j’ai milité, collé, débattu, j’ai cru en Michel Rocard et surtout croyais dans le compagnonnage de mes concitoyens. Au second tour, je suis resté chez moi, n’ayant pas le goût de me décider entre les bonnets d’Alain Pompidou et de Georges Poher. Rocard, rare rescapé, est toujours de ce monde, bien vacillant. Combien sommes-nous à se souvenir du PSU ? Ici quelques-uns, bien vacillants aussi.

Quatre ans auparavant, entre Charles De Gaulle, Jean Lecanuet, Marcel Barbu, Jean-Louis Tixier-Vignancour ou Pierre Marcilhacy, qu’auriez-vous faite ? Mitran bien sûr. Toujours lui, déjà lui, encore lui. Pas lassé d’un bulletin futur ou passé. Les urnes ne prédisent jamais l’avenir, possible même qu’elles s’en méfient. Et l’Histoire grand H ? Pour ce, une incertaine mémoire, mes vieux carnets et une facile documentation, d’où ma facilité à vous dire ce qu’il en fut.

Là s’arrête ma complainte électorale. Elle a fait son temps. Celui est venu de regretter la Quatrième République, la proportionnelle et l’élection faite par un grand collège. Plus avant, en quoi tout cela a-t-il eu une influence ? Souvent, mon esprit, sinon mon corps, étaient ailleurs. La vraie vie ? Sans doute l’isoloir y participe, mais bon, sans trop appuyer. Enfin demain, croyons-y. Jouons le jeu, et un bref instant, soyons les dupes de nous-mêmes. Ou des autres, ce qui revient au même.

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