CCCLXXXI.

Dimanche de Clos Saint-Marc où désormais l’ancien disque en vinyle abonde. Pour qui aime les enregistrements grattant et émouvant (plus ils grattent, plus ils émeuvent) la part est trop belle. Ce jour, coffret magique, Les Contes d’Hoffmann, direction André Cluytens, avec le joli monde que furent Victoria de Los Angeles, Élisabeth Schwarzkopf, Renée Faure, Nicolaï Gedda… Le tout quatre euros. A ce prix, avouons que le passé et la nostalgie coûtent peu.

Impossible de trouver sur le coffret cartonné une référence de la date. Années Soixante, début, sans doute. Autour du marchand on s’active. Va-t-il pleuvoir ? Oui, non, c’est Rouen : Il pleuviote. Les propos fusent. Devant mon achat, un particulier, plus très jeune et guère en reste, s’interroge : Hoffmann ? A la St-Romain, c’était les auto-tamponneuses. Les Camors et les Hoffmann. A quoi tiennent les gloires ! Le fait est que… mais c’est loin.

Comme est loin le temps où je m’enflammais pour la politique. Ce dimanche, on s’active du côté des militants tracteurs. Irons-nous nous tamponner chez Camors avec Hoffmann ? Le contraire ? Il reste peu de temps pour se décider. Bien sûr, je ne vais pas me renier, j’aime toujours ça, mais j’ai hâte d’être au soir du 22 avril. Au moins, là, on sera débarrassé d’un tas de bavards inutiles (citez vos références). Des deux qui resteront, le choix ne sera pas compliqué. On pourra même prendre des jetons d’avance. On aura cinq ans pour les dépenser.

Vous savez (ou pas) que les Contes d’Hoffmann sont, à peu de chose près, un récit de soulographe. Courant après les filles, le poète (pas fameux dans l’opéra) s’aperçoit que ses successives fiancées ne sont au final (et à tout prendre) qu’une même personne (je résume). Celle-ci, Stella, est à la fois oie blanche, chanteuse et pas mal putain. Beaucoup, même. Hoffmann en conclut (a-t-il raison ?) qu’il vaut mieux continuer ses écritures.

La campagne électorale ressemble à ce canevas. L’ultime incarnation des urnes, celle qui ouvrira les yeux des amoureux et gagnera les élections, sera un condensé des trois autres, vertus et vices mêlés. Vous me direz (et vous aurez raison) qu’il n’y a là pas de quoi dessouler.

Dernière chose avant d’aller voter : dans une vieille chronique, j’ai écrit dix phrases sur Béatrice Mosena, directrice de ballet au Théâtre des Arts. Dans un message orange, sa fille m’apprend que la déesse est encore de ce monde, en pleine forme, et que je peux la contacter. Surtout pour rectifier deux ou trois choses inexactes dont je me serais rendu coupable. Sous le couvert de la politesse, quelle exigence ! A peine écrit-on trois lignes, qu’il faut les dévier et les remettre droites. Lignes courbes ou brisées, propos tenus et mal tenus. A croire qu’ici le lecteur s’engage d’abord et avant tout à vous faire la leçon.

Me revoici dans mon travers favori : la susceptibilité. Comme disait autrefois une chère amie : On ne peut rien te dire. Tiens, je finirais par me taire. Inutile de vous dire qu’elle ne tint pas parole.

1 Réponse à “CCCLXXXI.”


  • Le petit rat

    Et puis en fait d’Hoffmann, n’oublions pas Monsieur Jules Hoffmann, Prix Nobel de cette année et élu à l’Académie française. Je le connais et il est très gentil, presque autant que vous. Ce n’est pas comme ce vieux chameau de B. M. …

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