CCCLXXIX.

Les sondages se suivent. Vrai, ils s’accumulent. Si l’écart s’amenuise entre certains et d’autres, il faut s’en convaincre : la victoire échoira à notre compatriote Hollandais. Sur un autre sujet, plusieurs lecteurs ont voulu débattre entre eux d’aimer Rouen, d’en être, d’y être et d’en partir. Mon vieil ami Pierre Garcette disait : Rouen porte la poisse. Il entendait : aux artistes. A tort ou à raison, la sentence justifiait ses choix. Vrai qu’on aime cette ville à son détriment. Elle ne paye pas de retour. Si oui, pour de mauvaises raisons.

Bref, un qui n’a pas eut tort de quitter le quartier des Carmes, c’est notre futur président. Imaginez qu’il soit resté au-dessus de Rosébleu et à deux pas des Biscottes Clément, il n’aurait pas été plus loin que la mairie. Ségolène Royal aurait relancé les fêtes Jeanne d’Arc et notre homme aurait continué à grossir. Tandis que là, c’est Valérie Fourneyron qui va prendre du poids. Dame, à se bourrer de pâte à tartiner !

Vous me direz : que de plans sur la comète ! La proie pour l’ombre ! La peau de l’ours ! Le marc de café ! Je me souviens dans un couloir de la rue de l’École d’une plaque émaillée où était inscrit Astrologie, Frappez et Entrez. Peut-on imaginer qu’un François adolescent y pénétra ? Sa jupe à volant était mûre Elle a regardé dans ma main Elle en déchiffra l’écriture Devant la porte d’un marchand de vin (chanson à retrouver).

Ah, dit-elle, je vois, vous êtes dans un bureau, vous signez des papiers ; une vie tranquille, plutôt modeste, bien entourée mais besogneuse. A moins que… Que quoi demanda-t-il ? A moins de quitter Rouen mon petit François. Pour où ? Je vois une ville à blason rouge, comportant trois fleurs de lys avec pour devise : Il y a des rochers sur le chemin de la vertu. Oui dit François, c’est Tulle ; avec ça que je vais quitter Rouen pour Tulle !

Fin de la consultation. François rentra chez lui manger la soupe à la grimace. La rue de l’École est trop courte pour qu’on ait le temps d’y réfléchir. Tournant à gauche (déjà !) il pénétra au Royal-Ganterie (tiens donc !) et commanda une grenadine. Pourquoi pas Tulle ? se dit-il. Le lendemain, un train l’emportait vers Paris. On connait la suite.

Tout ça pour dire qu’il faut quitter Rouen et croire à son destin. Ou y rester et trouver que tout va bien. Ce qui revient au même. Chaque jour nous apprend à être philosophe et, à l’image d’un Pangloss, à trouver que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

D’où la victoire attendue de notre natif que l’électorat local, n’en doutez pas, plébiscitera. Non qu’ici on soit convaincu du prêche du petit Carme ; là-dessus, il s’en faut. La vraie raison est qu’il nous connaît. Il sait qu’à Rouen, on baigne dans l’Histoire. D’où notre manque de ferveur et d’emballement. C’est la Rouennaise Touch. Elle allie la résignation à l’à-quoi-bonisme.

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