CCCLXXVII.

Oui, les boutiques d’autrefois avaient des noms naïfs et charmants. Littéraires, historiques, armoriés : Le Prince de Galles, Le Roi d’Ys, La Fée Dragée, La Reine Mathilde, Les Trois Rois… On se promenait en ville comme Alice en son jardin. Suivre un lapin, passer dans un terrier, tomber sur un jeu de cartes… Couper, battre et rebattre. Joue-t-on encore au rami au fond des cafés ? Au poker me dit-on. Et mon informateur d’ajouter : pas avec la ferveur d’antan. Possible. Même certain.

Plus personne n’y croit, aux cartes et au reste. A la littérature surtout. Désormais les lecteurs de nos bibliothèques locales peuvent, via l’Internet, donner leur avis sur les livres qu’ils empruntent (qu’ils lisent ?). Qu’aussi ils ont la possibilité de noter leurs lectures (de Un à Cinq). S’y ajoute, entre autres, la rubrique des livres les « plus populaires de la semaine ». Nous voilà bien !

Un exemple ? Parmi d’autres, en voici un : A lire au moins une fois dans sa vie ! L’appréciation vient d’une lectrice d’Alice au Pays des Merveilles. Quand on vous dit que le fantôme de la duchesse hante toujours nos murs ! Pour être irréfutable, le jugement laisse à penser qu’on n’y reviendra pas. Ajoutons pour faire bonne mesure que Lewis Carroll obtient la note de Quatre (exactement 3,99) sur Cinq. Somme toute le score est honorable et la Reine (la vraie) peut se montrer satisfaite.

Bien sûr, j’ai tort de gloser. Il faut que les bibliothécaires s’amusent et que les lecteurs s’expriment. Ceux qui voudraient le contraire feraient mieux de remettre leur pendule à l’heure d’été. N’empêche, lire devient compliqué et fréquenter les bibliothèques encore plus. Si l’on n’y prend garde, ça va bientôt ressembler aux bacs blancs. Il ne suffit plus d’aller emprunter un livre, le lire, puis le rendre. Non, à présent, il faut donner son avis et si possible avoir la bonne note.

Résultat, histoire de passer au mieux l’épreuve, autant être comme les autres : donner un avis de moyenne, rester au juste niveau avec l’idée qu’on pourra progresser. Bref, comme à mon époque, à celle de mon neveu Jérôme, et à celle de toujours, éternelle : ne pas faire le malin. Au passage, ultime conseil : apporter des fleurs à la bibliothécaire ne se fait plus ; c’est même mal vu.

Mais assez sur ce sujet. D’autres nous succéderont qui sauront montrer l’inanité de tout cela. En attendant, que pensez-vous de cette histoire de lapin ? Oui, de savoir si oui ou non on doit en manger ? De mon côté, aucune opinion, je n’en mange pas. Because anglophilie galopante. Certes, invité, ça m’arrive, mais chacun peut observer, qu’en société, on vous en propose peu. Comme pour le cheval ou les animaux à sabots fendus. D’où les pâtes : ça plait toujours et la variété en est infinie. Ou presque.

Là est la question ? Non, elle est de savoir si nous voulons continuer ainsi : manger chacun dans notre coin nos assiettes de nouilles. Réponse dans une prochaine chronique.

1 Réponse à “CCCLXXVII.”


  • La petite souris

    Vous êtes certainement un très aimable commensal, Monsieur Félix. J’aimerais d’ailleurs beaucoup vous convier à dîner. Au menu,il y aurait du chien, comme chez nos ancêtres les gaulois. Mais du chien à la crème, parce que je suis normande.

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