CCCLXIX.

Du côté de la rue Saint-Lô, on peut apercevoir le vestige des quatre ou cinq arbres qui ornaient (façon de parler) l’allée Eugène-Boudin. Vrai qu’au fil des années, ayant pris de l’ampleur, ils servaient surtout de refuge estival aux impitoyables étourneaux. Le soir tombant, c’était un véritable vacarme dont les riverains se désolaient. De ça et de l’obscurité masquant leurs fenêtres. Les soirs d’été, n’est-ce pas…

Il paraît qu’on va replanter l’espace d’espèces différentes. On sait à quoi ces changements aboutissent : un genre d’arbres en pot, façon mignardises exotiques sans plus de caractère que de l’être, exotique. Ces essences reçoivent toujours la préférence des services municipaux chargés d’en prendre soin (là aussi, façon de parler). Ne l’oublions pas, plus on a du jardinage, plus ça protège l’emploi. Les administrés aiment ça, pourquoi se priver ? Plantons, replantons, surtout ce qui pérennisera nos emplois.

Après le service de l’urbanisme, le désastre urbain vient de celui des espaces verts. Les municipalités successives apportent un soin particulier à leur laisser tous pouvoirs. Plus ils en usent et plus on y voit une preuve supplémentaire de leur excellence. Rappelons-nous les chrysanthèmes d’autrefois ! Ajoutons-y un goût des plus douteux, plus une certaine hauteur d’attitude. Le vert est à la mode, vous en voulez, en voilà. Passons.

Le présent carrefour est un vivant exemple de l’absence de toute réflexion dans les deux matières qui nous occupent. L’immeuble bordant l’allée Eugène-Boudin sur toute sa longueur a cette particularité, bien venue, d’avoir été conçu comme une galerie commerciale ouverte. Cette fonction première a fait long feu. Année après année, pas-de-porte après pas-de-porte, on a rendu toute circulation impossible. Plus de passage et, constatons-le, à peine de commerces.

Il y a quelques années, cette vraie fausse galerie abritait deux boutiques notables, celle de Jeanne Lafon (souvenir personnel) et une sorte de dépositaire de curieuses caves à vin ; imaginez une cuve de béton à enterrer et accessible par un escalier intérieur. L’ivresse au prix du sarcophage ! Qui se souvient qu’avant Habitat, le rouennais frileux, dans le même lieu, avait droit au chauffagiste Boissière ?

En face de la galerie, l’arrière du Palais de Justice ne servait à rien. Aussi s’est-on ingénié à le border de pachydermiques jardinières. Déjà disparues, elles vont être remplacées par des grilles. L’initiative permettra aux lycéens de Saint-Saëns d’arrimer leurs deux roues de façon chronique. Côté lycée, un mot sur l’angle bordant les vestiges de l’ancienne église Saint-Lô (que de saints !) angle occupé par les évacuations techniques du chauffage dudit lycée. Des feuillus persistants organisés en jardin sans objet l’entourent avec tout autant de persistance.

Rouen ville d’art et d’histoire ? Vrai, on a là un bel exemple du génie du lieu. La touche ultime sera d’y mettre des bancs et des panneaux pour indiquer la direction des musées. A droite, à gauche, au centre ! Ce sera la concession offerte aux conseillers de quartiers ultimes pourvoyeurs du désastre, à l’image de ces nettoyeurs de 14-18 qui, après l’assaut final, passaient dans les tranchées pour achever le travail.

2 Réponses à “CCCLXIX.”


  • Pendant 1 année, 2009/2010, j’ai fait vivre une galerie d’exposition dans les 2 vitrines, sans porte et en arrondi indépendantes des commerces, qui sont au dos de la boutique SNCF d’un coté et du libraire de l’autre coté. Voir le lien ci-dessous

    http://galerie-ma-ma.over-blog.com/

    Je ne vais pas faire ici l’historique de cet endroit dont vous avez le fil dans ce blog de la Galerie Ma-Ma; juste ajouter qu’au fil des mois qq propriétaires d’appartements de cet immeuble ont finis par prendre en grippe notre galerie, nous accusant de profiter de l’électricité des communs pour éclairer les vitrines alors que nous avions un contrat EDF en bonne et due forme. Même avec cette preuve nous étions traités de menteurs et les expos d’imbécilités. Ces vieux cons préféraient sans doute des vitrines vides, taguées et couvertes d’affiches qu’un lieu entretenu et culturel. Des vieux cons vous dis-je…

  • Je suis à peu près persuadée que vous avez raison. Et la boutique de Madame Jeanne lafon, elle était comment ?

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