CCCLXV.

Personne ne le croira mais, il ya une quarantaine d’années, j’ai passé un long après-midi dans un café appelé A La Ville de Paimpol. Cette enseigne, disparue, se trouvait rue Armand-Carrel, partie basse, celle que personne ne fréquente. Elle joint au quai de Paris.

Pourquoi, comment, longue histoire. J’attendais quelqu’un. Qui devait venir. Qui finit par arriver. Avec un tel retard que je n’attendais plus. Je me voyais déjà faire la fermeture avec la patronne, grosse dame pas bretonne du tout mais tenancière d’un bar qui mourrait avec elle. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse, seule derrière mon carreau ? Même son chien préférait ça. Bof, si elle claque dans son bistrot, j’irai à la Société protectrice des animaux. Le pensait-il vraiment ?

Je ne suis jamais allé à Paimpol, la ville. Comme beaucoup de vrais Normands, j’ai une prévention contre les vrais Bretons. Préjugé partagé par ma patronne de café qui, lorsqu’on lui demandait la race de son chien, répondait : un espagnol breton. Déjà elle n’était pas certaine de la bière qu’elle servait confondant Jupiler et Jupiter. Cette simplicité prouvait sa connaissance des Lettres. Ou des vertus dudit chien qui, stoïque, excellait dans les exercices de méditation. Dormant à coté de sa gamelle, l’absence de souffrance le conduisait à l’absence de passions. Ou le contraire.

A La Ville de Paimpol, ce quelqu’un que j’attendais, personne ne le croira, était une jeune femme qui chaque jour allait se tremper dans la piscine toute proche. Oh moi, disait-elle, je plonge, je fais cinq kilomètres et je ressors. Ce que c’est que d’aimer l’eau froide ! Et que d’en tenir à la piscine du boulevard Gambetta. Même piscine qu’une inqualifiable municipalité (et sans qualités) a préféré détruire. Pas de commentaires.

Vrai qu’on a vu mieux depuis, toujours dans les domaines de l’inqualifiable, de l’imagination et des animaux abandonnés. A croire qu’être maire ou adjoint condamne, quoiqu’il en soit, aux mauvais choix. Fatalité ? La faute aussi aux électeurs qui choisissent toujours la mauvaise liste. Après coup, c’est pour l’autre qu’il fallait voter. Ah, si l’autre avait été élue !

Leçon à méditer au moment des prochaines présidentielles. Je dis ça pour ceux et celles qui croient habiles de nager entre deux eaux. Au premier tour, on s’amuse ; au second, on se couvre. T’as vu les élections ? M’en parle pas, l’horreur. Nombre d’amis m’amusent : lorsqu’on est sur le sujet de conversation à la mode depuis cinq ans, ils préviennent vite qu’ils n’ont jamais voté pour lui (moi non plus). Et d’ajouter aussitôt (air connu), mais ce coup là, je ne suis pas sur de voter pour l’autre.

Vains propos car dans l’isoloir le choix se fait (ou se fera) tout seul. Ou presque. Sans aucun remords du reste, passé ou futur. Viendront l’oubli, le faux-semblant et la ronde des jours.

Ceci étant dit, sans plaisanterie, trêve de philosophie. Le dimanche 22 avril, à Paimpol ou à Rouen, n’oubliez pas d’aller voter. Et cette fois faites le bon choix. Elle : Le 22 ? Mince, j’ai piscine.

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