CCCLXII.

Dans sa partie la plus à l’Ouest, près de la place Cauchoise, la rue Thiers (autrefois Jean-Lecanuet) appartient à un autre temps et à un autre espace. Presque à une autre ville. Qui y passe ? Qui y séjourne ? Tout y semble voué au labeur le moins précis. Le plus aléatoire. Certes on y vend du pain, on y lave des voitures, on kebalise sans trop y croire, mais le reste ?

Exemple, on trouve, sur la droite, au bas de la rue des Champs-Maillets, un énigmatique Pub Underground. Ouvert, fermé ? Qui erre ici tard soir ? Trouve-t-on à Rouen un lieu plus empreint d’interrogations ? Ah, avoir encore la quarantaine et m’éterniser, le soir, au Pub Underground ! Y découvrir des gens, y retrouver d’autres, autrefois connus et tant aimés. Comme on dit : ça revient au même.

Autre énigme et autre rêve, j’aimerais visiter la grande maison de briques rouges faisant l’angle avec la rue de Fontenelle. Surtout dans sa partie Fontenelle, avec au second étage ses immenses baies vitrées. C’était autrefois, me semble-t-il, le siège de la Chambre des Métiers. Ou quelque chose d’approchant. Qui a construit cet immeuble ? L’intérieur vaut-il l’extérieur ? Et cette autre maison aussi, genre années Soixante, au 85 de la rue Jean-Lecanuet ! Encore une incongruité dans le paysage.

Juste à côté, un autre bâtiment avec un fronton vaguement 1900. On m’assure qu’il s’agit d’un ancien cinéma. Possible mais j’en doute. Ce fut longtemps un genre d’antiquaire ou dépôt-vente. On n’y trouvait peu d’antique et surtout rien à vendre. Différence d’avec l’agence immobilière d’aujourd’hui ? Et puisque nous en sommes à autrefois, il existait presque en face, au 56, une minuscule blanchisserie. Elle logeait dans l’une des dépendances qui encadrent la grande maison de notaire dont l’allure province est trop évidente pour être vraie. A noter pour les touristes : à droite, au dessus, une petite tourelle ; à gauche, comme une sorte de rocher (fragment des anciens remparts ?)

Mais revenons à l’ancienne blanchisserie. Je me souviens que la patronne (donc la blanchisseuse, dame assez forte) possédait deux énormes chiens, de ceux que l’on appelle des chow-chow (langue bleue et docilité conditionnelle). Ces molosses trônaient à la fenêtre de l’étage. Leur taille et l’exigüité de la fenêtre tiraient le tableau vers ces miniatures du moyen-âge lorsque les personnages sont aussi grands que les maisons. J’ajoute que cette blanchisseuse avait un fils qui accompagna longtemps un groupe de rock. Outre Manche et célèbre pour ce que j’en sais. Entre ses piles de linge, la chose inquiétait la mère. Ceci dit en passant, car qui cela peut intéresser ces histoires, je veux dire aujourd’hui ?

Puisque nous en sommes aux affiliations, souvenir aussi, au n° 65, coin rue des Champs-Maillets, d’un vendeur d’animaux à l’enseigne de Lama. Une rumeur certifiait que les chiots trop fragiles et donc morts y étaient offerts (servis ?) comme pâtée aux autres pensionnaires. Là aussi, possible. Pas certain. Ça vous épate, hein ! Avouez qu’avec moi, on ne s’ennuie jamais. Enfin, si peu.

2 Réponses à “CCCLXII.”


  • Il manque un sacré bout de votre blog?? Vous en êtes-vous aperçu?

  • « …C’était autrefois, me semble-t-il, le siège de la Chambre des Métiers. Ou quelque chose d’approchant… »

    C’était effectivement la chambre des métiers. J’y ai suivi tous les lundi pendant 3 ans des cours (CAP) d’horlogerie (théorie) dispensés par Mr Planquet, horloger lui-même dans un commerce au coin de la rue du Gros et du Tambour (bijouterie « Quelque Part » actuellement). Mon maître avait son établi au 2ème ou 3ème étage qui donnait jus sur le Gros Horloge, quelle vue! et on pouvait le voir travailler de la rue.
    Pour la date des cours je ne vous donne pas la date, ça me déprime :)

    Au plaisir

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