CCCLV.

En cette saison, trois oiseaux planaient au dessus de la ville : le Pintadeau, le Faisan doré et le Coq hardi. Ailleurs, guère loin, il était question de petits cochons, de chien qui fume, de fin renard et chat qui pêche. En ce temps là, les vitrines des magasins de nos grands-parents regorgeaient d’animaux. Ours, marte, léopard… sans parler de poissons et d’autres plus bizarres. En ce temps là oui, un petit garçon (une petite fille ?) n’avait que faire des leçons de sciences naturelles de l’école. Il suffisait de courir la ville.
A l’instar de l’enfant du 6 octobre (vieille référence introuvable), il ou elle poursuivait son cerceau dans une ville devenant faubourg, puis campagne, enfin forêt matinée de jungle. Ça et là, l’arrêtaient (pas tant que ça) les images d’un album colorié. Était-il dans les images et les temps ? Pas tout à fait, mais presque.
Temps d’un autre âge car, de nos jours, qui poursuivrait un cerceau en ville, rue des Charrettes ou rue Saint-Éloi ? Puis du côté de Mont-Saint-Aignan, dans le Bois l’Archevêque, et plus loin, vers Bondeville (Notre-Dame), Houppeville et Saint-Maurice ?
J’ai lu (c’était dans le journal) que des enfants d’une école primaire, spectacle de fin d’année oblige, jouaient sur scène La Chèvre de Monsieur Seguin. Louable initiative, encore qu’à la réflexion, la référence manque de fraîcheur. La même idée a-t-elle traversé l’esprit des instituteurs et institutrices ? A coup sur, puisqu’au final, chèvre, loup et licou, on a changé la fin.
Dans cette école, le loup ne dévore plus Blanchette. Non, désormais, la chèvre, désobéissante et butée (elles le sont toutes), échappe à la mâchoire du pédophile. La blanche caprine tourne la rue, gambade dans le paysage et y rencontre plein d’autres animaux. Lesquels ? Peut-être mes pintadeau, faisan doré et coq susnommés, le dernier ayant, je vous le parie, rogné sa hardiesse comme on sait. Braves instituteurs ! Les curés de mon enfance, à morale équivalente, avaient au moins le respect du vraisemblable. Il est vrai qu’ils étaient parfois bien placés pour jouer les levers de rideau. Enfin, bref.
Cette dernière et facile pique montre qu’on échappe peu au goût du jour. Comme si les prêtres étaient les seuls ! Il semble me souvenir d’un redoutable (sinon redouté) instituteur, laïque amateur de chair fraîche, répondant, pas loin d’ici, à la campagne, au nom de Lechien. Autrement dit le loup dans la bergerie. D’autres d’ajouter : le renard dans le poulailler.
On a hâte de voir nos apprentis comédiens de La Chèvre de Monsieur Seguin s’inscrire en première année de Lettres modernes ou classiques. Que de choses étonnantes ils vont découvrir ! Hélas, ne nous berçons pas d’illusions, cette jeunesse préférera continuer dans le spectacle vivant, là où on peut tout tripatouiller, le début, la fin et les moyens.
Bon, alors, c’était quoi là votre histoire : trois oiseaux planaient au dessus de la ville ? Ah oui, c’est une devinette : un Pintadeau, un Faisan doré, un Coq hardi, l’un dit à l’autre… mais vous connaissez la suite.

2 Réponses à “CCCLV.”


Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......