CCCXLV.

Ce qui se passe ici ne m’amuse pas plus que ça. On le prétend aux entours : Rouen va perdre son triple A. Il s’agira, dans le désordre, des A d’ambition, d’amitié et de caractère. Les lecteurs vigilants remarqueront que caractère ne commence pas par un A. Ils auront raison. C’est que j’écris déjà après la chute. Le A de caractère (qui en a deux) a déjà été rétrogradé. Nul doute que le reste suive.

Certains se consolent et arguent que ce premier A perdu se retrouve à la fin de la Crea. C’est vite se consoler. L’autre jour, laissant traîner mes oreilles dans les couloirs de la mairie, j’ai entendu : Pffuit, un A perdu, dix de retrouvés. Inconséquence locale ! Réclamant des explications, on m’a répondu qu’on n’avait pas à m’en fournir et quelque chose dans le genre : c’est celui qui le dit qui y est ! Voilà le signe irréfutable du caractère authentiquement rouennais. On l’a ou pas.

Vous penserez : c’est égal, il ne perd pas son sens de l’humour. Oui, mais c’est pour faire diversion. Histoire de ne pas prendre les choses au tragique. Toujours se souvenir que Corneille a écrit L’Illusion comique et Flaubert Bouvard et Pécuchet. Vrai, Horace Bovary c’est chic, mais ça ne prête pas à conséquence. La défense ultime réside dans l’humour et l’acharnement mis à l’opposer à la bêtise. Ou à la suffisance, jamais loin.

C’est égal, l’artillerie doit être lourde. Ce qui manque ici, c’est l’humilité. Le contentement de soi règne partout : Mairie, Département, Région… On est les meilleurs, on est les plus forts ! Tout ce qui s’entreprend se place sous le signe distinctif du mieux disant. Pour le mieux faisant, voir ailleurs.

Un seul exemple, le nom du futur Palais des Sports, endroit où je ne mettrai ni les pieds ni la tête. C’est là bas, loin, du côté des docks. Dit comme ça, la phrase a son côté roman maritime. Hélas, le réel invite à moins de rêverie.

Ceux qui croyaient au passé en tenaient pour un sportif d’autrefois. Ils sont à demi satisfaits ; une salle (petite ou moyenne) sera vouée à porter le nom d’un l’indépassable héros normand. Dans l’art de la grimpette, je veux dire. Mais le bâtiment, le palais lui-même, à son fronton ce sera quoi ?

Nos décideurs ont opté pour une sportive inconnue du grand public. Elle se nomme Arena Kinder. Née en 1946, d’origine lointainement inca, pour beaucoup de spécialistes, elle fut l’une des plus grandes cavalières de tous les temps. Championne olympique en individuel en 1957 et par équipes en 1961 et 1973, elle représenta notre département (où elle s’était établie) à de nombreuses reprises. Elle mourut oubliée en 1986, passage de la Luciline ou pas loin. Cette réhabilitation est donc forme de justice.

A noter que son cheval Lolo, mort lui aussi, fut le seul à remporter trois médailles d’or et ce, sans jamais concourir. Simplement sur sa bonne mine. Certains disent médailles en chocolat. Il y a des jaloux partout !

1 Réponse à “CCCXLV.”


  • Louise-Alfonse Souris

     » endroit où je ne mettrais ni les pieds ni la tête « … votre conditionnel a l’air un peu tenté d’aller y voir, pourtant ! Pourquoi le privez-vous d’emblée d’une jolie promenade, il n’a pas été sage ?

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