CCCXLIII.

Une de mes dernières chroniques portait sur ces angoissantes et contemporaines questions : faut-il que la ligne Sept croise la Douze ? Faut-il que le Métro avance ou recule ? Faut-il plus ou moins de parkings-relais en périphérie ?

Sur ces sujets, la réflexion municipale se dirigerait vers un stationnement réservé aux habitants et un autre réservé à la clientèle venue dépenser son bon argent. Ceux qui m’aiment (travaillant ici et habitant ailleurs) comme dit la chanson prendront le tram. Notons au passage comment des municipes de gauche prennent à cœur le souci des commerçants et celui de leurs employés. Passons.

Voulez-vous mieux ? Dans un encadré de presse locale (vérifiable dans Paris-Normandie du vendredi 21 octobre dernier) la directrice du magasin Le Printemps (autrefois Printania) y va de sa réflexion. Façon patronne du Medef, elle déclare avec force : No parking, no business. Bigre ! Voilà comme de nos jours, le sieur Lheureux vend ses écharpes algériennes et ses guipures à nos modernes Bovary : no card ! cash ! Mais là n’est pas la question.

La question est de savoir ce que pense cette directrice desdits fameux parkings-relais pour ses vendeuses. Sa réponse pèse du poids de sa force de vente, autant dire qu’elle est lourde. A la lire, on y apprend d’entrée que les employés travaillant en centre-ville sont en majorité des femmes (tiens donc, voyez-vous ça !)

Ensuite et surtout, que ce sont des femmes à qui on demande d’être élégantes (dixit). Aussi serait-il souhaitable, sinon impératif, que les parkings-relais soient (devront ou devraient) être très proches des arrêts (de bus), accessibles tard le soir et donc sécurisés et bien éclairés. Comme on dit à la radio, fin de citation.

La dame est amusante et plus profonde encore. Si les femmes élégantes ne sauraient trop prendre le bus, elles peuvent travailler tard le soir et être bien éclairées. Tout le monde en connait de ces femmes éclairées, travaillant tard le soir. Vrai aussi qu’elles ne sont plus guère élégantes (enfin disons…) Et qu’elles ne sont parfois pas les femmes qu’on croit, mais des femmes – comment dire – d’apparence, sinon de convenance (ce qui n’exclut pas la conviction).

Encore et toujours, là n’est pas la question. La question est qu’une femme élégante serait à peu près l’équivalent d’une pute. Et que telle, trainer du côté des parkings ne peut qu’induire, de la part de garçons bien constitués, un soupçon (un espoir ?) ou une tentation. Dame, comme disait Carabine, un homme c’est un homme.

Bien sur, cela ne vaut que pour les vendeuses du Printemps. Pas pour la serveuse de Pizza Paï ou la caissière de Leader Price. Elles, elles prennent le Teor. Comme dit l’homme de ménage, elles font comme moi, elles se dém… 

A Croisset, ce matin-là, Gustave Flaubert attrapa le 9 à l’arrêt Général-Morris. Présentant son ticket à la receveuse, il fut accueilli d’un : Alors, cher monsieur, toujours dans les papiers ?Que voulez-vous, mon amie, la bêtise m’étreint.Ah, n’en parlons pas, déjà moi, rien qu’hier soir, imaginez que… (A suivre).

1 Réponse à “CCCXLIII.”


  • Emma la petite souris

    C’est trop mignon votre papier ! Mais je crois que dans cette bonne ville de Rouen, les dames sont non seulement élégantes mais aussi – non solum sed etiam – solidement charpentées et capables d’envoyer valser un matou par trop entreprenant ! Ces petites filles des hardis Vikings ne sont point des tanagras, quand même ! (surtout quand elles mangent tous les jours de l’ours moscovite…)

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