CCCXXXVII.

Il semble que, du côté des rayonnages des bibliothèques publiques, on se lasse. De quoi ? Surtout de l’enlisement. Jusqu’ici on pataugeait, à présent on perd pied. On a commencé par manquer d’idées, puis de courage, et pour finir, de personnel. Bientôt on manquera de livres. Prenez-donc un dvd cher abonné… lesquels, on le sait, dureront encore moins.

Il y a peu de temps de cela, il paraît, comment le croire, que le syndicalisme municipal s’est saisi de la question. D’un irrésistible élan, Sudistes et Cégetistes ont planté le drapeau rouge sur le château branlant. Avis aux lecteurs : d’Aragon, les cinq tomes des Communistes sont remis en rayon. Empruntez-les, vous nous soutiendrez.

Merci, vous n’auriez pas plutôt les Pieds nickelés ? Car (conjonction de coordination) nos néo-bolchevikis se fichent du devenir des bibliothèques comme de leur avant-dernier tract. L’Étincelle (Iskra en russe) qui les anime ne brille que pour leur emploi. Comment leur en tenir rigueur ? Allez à la piscine ; ne passez par la case départ ; ne recevez pas vingt mille francs.

Place de l’Hôtel de Ville, il faut jouer avec les cartes en main. Le moins que l’on puisse dire est que, depuis un certain temps, la donne n’est pas chanceuse. N’empêche, aux jours dits, la mobilisation n’a pas été ridicule et la délégation mécontente a été reçue par le directeur de cabinet. Lui, très content.

Penser qu’on rageait de devoir aller à la Médiathèque de Grammont ! De nouveau, on avait raison d’avoir tort. L’inverse étant tout aussi vrai. Mais assez philosophé, qu’allons-nous emprunter ?

Nous avons le choix. Que diriez-vous, aux Capucins, des Illusions perdues ; à Saint-Sever, du Ministère de la peur ; à Simone de Beauvoir, de La Force des choses ; au Chatelet, de Jacques le Fataliste ; à la Grand Mare, de Tandis que j’agonise ; à Jacques Villon, des Temps difficiles, à Roger Parment, de La Conjuration des imbéciles (ça vire à l’obsession !) et à la bibliothèque virtuelle (la meilleure) La rate au court-bouillon.

Dites, ça nous mène à quoi ces variations humoristiques ? A rien. C’est façon d’amuser la galerie. Ces derniers temps on n’a pas tant l’occasion de rire (encore que…)

La lecture publique est une priorité culturelle. C’est affaire de politiques (hommes et idées). Mais il y a belle lurette que cette priorité (surtout invoquée) est rongée par l’administratif, le réglementaire, quant ça n’est pas l’alibi scientifique. Longtemps, les seuls qui savaient de quoi il retournait, étaient les Communistes. Pas ceux d’aujourd’hui, à la remorque des trotskystes, ceux de Marcel Cachin, de Maurice Thorez, voire de Waldeck-Rochet à tout prendre. De fait nous revoici à Aragon et à sa fausse Elsa : Tu marches à travers des poussières fameuses…

Allez, chers bibliothécaires, encore un effort. Traversez le fleuve, passez de l’autre côté, rejoignez les lecteurs. La complicité des autres vous perd. Leur politique ! Il n’y en a pas. C’est la crainte qui les fait agir. Ça et l’orgueil. Tant que vous en prendrez une part, nous serons seuls. Et derniers.

3 Réponses à “CCCXXXVII.”


  • La petite souris

    N’étant plus « du coin », je comprends pas tout, mais c’est drôlement bien rédigé !

  • La petite souris

    Mes meilleurs saluts de Novgorod !

  • Un jour vous croiserez une tapette et personne ne regrettera l’économie de vos interventions.

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