CCCXXXV.

Jérôme, neveu fidèle, s’occupe des contingences de Rouen Chronicle. Il m’additionne les connexions, les visites, les hits (qu’est-ce ?) et autres technicités. Bref, voici ma cheville ouvrière. A ce titre, il m’affirme que la chronique la plus lue (du moins la plus visitée) est celle où j’évoquais, il y a deux ou trois ans, les changements de noms de certains cafés. J’y évoquais, entre autres, la disparition, rue Jeanne d’Arc, de l’antique brasserie La Chope d’or devenue, allez savoir pourquoi, le Fifty Five. Depuis, mémorable année 2008, le Cinquante Cinq s’est mué en Lili Jeanne, salon de thé chic et choc, lequel… En tous cas, ça ne saurait tarder.

Pour quelle raison mes lecteurs (guère nombreux) plébiscitent-ils cette mémoire ? Jérôme a son idée : rappelant le souvenir de La Chope d’or, j’y détaillais la généalogie de ce qui avait précédé, à savoir une librairie catholique. Histoire de meubler, je décrivais ce qu’on trouvait aux étalages, entre autres chapelets, images pieuses, crèches à garnir et portraits des papes se succédant. Sur ma lancée, j’évoquais d’autres rouennaises librairies catholiques dont j’indiquais l’historicité et les enseignes.

Oui, Jérôme a raison : mon succès vient de là. A citer saints et papes sans retenue, à mon insu et de plein gré, en un clic, je suis devenu écrivain catholique. Qu’on s’interroge sur la Toile, de la transsubstantiation (oh là là !) et de ses avatars, on tombe sur Félix. Avouez que…

Face au chemin bordé de cyprès qui m’attend, cette conversion virtuelle entre dans les nouveautés début de siècle. Tel Paul Claudel derrière le pilier de Notre-Dame, la blogosphère m’enlève et me sauve. Comme me dit Jérôme : Tu mériterais que ça te tombe dessus. Vrai que je ferais moins le fier.

Autre chose. Pour une fois, tentons de ne pas prendre le monde trop à la légère. Ainsi, cette seconde partie de chronique pourrait s’intituler : Pourquoi je ne suis pas allé voter aux primaires socialistes. La réponse première et unique (presque) est que, quitte à voter pour le parti socialiste, je le ferai (peut être) au matin du dimanche 6 mai 2012.

Et qu’ensuite tout le monde, sinon les inconséquents, peut signer la charte d’adhésion aux valeurs de la gauche ; vrai, elle est assez vague pour ne pas être creuse. Qu’ensuite je ne montre ma carte d’identité qu’aux fonctionnaires assermentés et aux assesseurs des vrais bureaux de vote. Que, de loin, je préfère donner un euro à un paumé (ou m’acheter un pain aux raisins). Qu’aussi, je réprouve le fait d’être estampillé de gauche parce je vais voter avec ceux qui disent qu’ils le sont ; dans les vrais isoloirs, il y a des gens de tous poils et c’est tant mieux. Qu’enfin, n’étant pas adhérent du Parti socialiste, je ne vois pas pourquoi j’irais leur offrir l’occasion de s’approprier mon avis.

Pour le reste, pour finir, et peut-être pour le principal, parce qu’on cherche dans tout cela le véritable acte politique : celui relevant de l’engagement, de la conscience et de la conviction.

1 Réponse à “CCCXXXV.”


  • Mais nous, nous n’avons pas pu signer de charte du tout ! C’était la panique dans les petits bureaux improvisés,la grosse pagaille ! Bon, pour les ours, ça tient toujours ? (ils sont de rite orthodoxe, je tiens à le signaler)

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