CCCXXXIII.

A peine ai-je voulu faire de Rouen Chronicle une tribune politique que mon projet s’effondre. Du moins s’effrite. Un vieil ami, expert en la matière, m’affirme qu’au soir du 6 mai 2012, le président de la République se nommera François Hollande. Cet ami, au demeurant journaliste retraité, a toujours prédit (déduit ?) le nom du vainqueur et ce depuis mai 1981.

Nous voilà bien. Il va falloir supporter polémiques, débats, programmes, renoncements, ralliements, trahisons, sondages et sur-sondages… tout et tout, alors que le tour est joué ! Seule chose à passionner quelque peu : les chiffres. Ceux atteints par tel ou tel, celui de la participation (premier et second tour), celui des abstentions, etc. Vous me direz : ça occupera. Pas faux.

Dès lors, autant prendre les devants. Ainsi notre prochain président sera rouennais d’origine. Oui, François (comme disait Duras) est né dans nostre ville en août 1954. Au passage, notez que divers lecteurs s’amusent à constater qu’en matière de goûts et réflexions, j’en suis resté à ce millésime. Vous savez désormais pourquoi. Surtout, remarquons que c’est le deuxième candidat à la présidentielle qui a tété le sein de sa mère à l’ombre des Nouvelles Galeries.

Le premier fut Jean Lecanuet qui, en 1965, faillit devenir président de la Ve République (à peu de chose près). Quarante-sept ans plus tard, ce sera François Hollande. Et comme il est d’usage que les Rouennais candidats deviennent maires de leur ville natale, il faut s’attendre à ce que François Hollande soit élu maire en 2020.

Pas en 2014 puisqu’il sera président de la République et occupé à autre chose qu’à mettre la rue aux Ours en voie piétonne. Mais, battu aux présidentielles de 2017, il pourra se présenter aux municipales de 2020. Et sera élu, n’en doutez pas, l’électorat local étant fidèle. D’autant qu’il aura promis, en cas de victoire, le retour de la foire Saint-Romain sur les boulevards.

Mais alors, qui succédera à Valérie Fourneyron en 2014 ? Mon ami journaleux ne m’est d’aucun secours, il travaillait sur le national. Un journaliste moins vieux et pas trop ami, travaillant sur le local, se dit étranger à la question. Les journaux se vendant comme on sait, ça se comprend.

Alors ? Alors, la défaite de la Droite aux élections (présidentielles et législatives) sera ici l’occasion bénie. L’inexistence des Droitiers n’aura d’égal que l’intransigeance des Gauchers. De fait, il ne restera aux Verts et aux Centristes qu’à se rencontrer. Ce sera aux Trois Pièces (place de l’Hôtel de Ville, là où logeait le Château d’Ô).

Dans une pièce, les Verts et divers alliés ; dans l’autre les Centristes, toutes nuances mêlées. Dans la troisième se formera la liste, savant dosage d’à-peu-près politiques, d’amitiés anciennes ou nouvelles, et de promesses amusantes. Tout ce qui fait le charme de la politique locale.

Du premier étage, les ambitieux et les avides contempleront la statue de l’Empereur : Ils allaient, l’arme au bras, front haut, graves, stoïques… Les autres, moins littéraires, resteront ce qu’ils sont : incroyablement rouennais.

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