CCCXXXII.

Arrivé place du Vieux-Marché, j’entre au musée Jeanne d’Arc. Dès le seuil, m’avise une sorte de gardien (qui n’en a que l’air). Bonjour, dis-je, je viens pour les Primaires socialistes. – Ah, ce n’est pas aujourd’hui, c’est la semaine prochaine. L’homme poursuit : Vous avez le temps. Profitez-en pour réfléchir.

Pour une fois que j’étais décidé ! Le bonhomme m’invite à m’asseoir et me propose un remontant. Normalement je n’ai pas le droit, mais ça m’ennuie de vous laisser comme ça. De fil en aiguille, nous échangeons nos vues. Et quel était votre candidat, si je puis me permettre ? Sans trop réfléchir, je réponds : Ben, la Martine, bien sûr ! Mon gardien ne peut réprimer un cri : Lamartine, le poète ! Vous n’y pensez pas. Il a déjà été battu en 1848 et par Louis-Napoléon Bonaparte ! Vous ne croyez pas qu’il va remettre ça.

Bon, mais alors qui ? Je hasarde : A votre avis, Madame Royal… Mon gardien devient catégorique : La fille de Louis XVI, la sœur de Louis XVII ? Mon cher, fini, archi-fini. N’y comptez pas. L’homme, à mon égard, semble de plus en plus désapprobateur. Je me lance : Manolito, le toréador ? Moment de réflexion, puis : Pourquoi pas ? On l’a vu aux Arts dans une reprise de Carmen ; ça n’est pas un mauvais chanteur. Mais nous sommes du même avis : dans un premier rôle, il y a un risque certain.

D’un air négligent, le gardien me relance : Et le Hollandais volant, il ne vous tente pas ? Force est de lui répondre que oui ; d’autant que le garçon étant de Rouen… Oui, une bonne famille, ça compte. Tout à notre affaire, nous sommes interrompus par des touristes britanniques voulant visiter le musée. Le gardien me laisse seul quelques minutes (he leaves me only some minutes).

A son retour, nous reprenons. Lui : Que diriez-vous du sire de Montebourg, qui fut compagnon de Jehanne, et par mariage, allié aux plus antiques familles françoises ? Vrai, la référence écrase tout. Il n’empêche, dis-je, sa liaison avec une femme d’origine martiniquaise

Là, mon gardien s’emporte : Assez avec cette histoire, il y a abandon des charges, on ne sait pas ce qui s’est passé dans cette suite… Il me faut une dizaine minutes pour lui faire admettre qu’il confond avec Gilles de Rais. S’épongeant le front : Que voulez-vous, la déformation professionnelle…

J’en viens au sixième. Quel sixième ? L’autre, Jean-Michel, celui de la voiture balai. Bérégovoy ? Mais non, voyons, le radical toulousain. Je ne l’ai pas dans ma liste ; vous devez confondre. D’un air évasif, il s’absorbe à compter ses entrées. Pas terrible, aujourd’hui. Une impression s’installe : suis-je devant un subterfuge ? Décidément, tout cela ne me dit rien. Éclipsons-nous.

Dehors, un serveur de La Couronne m’interpelle : Je suis le maître d’hôtel de la plus vieille auberge de France. Et à ce titre, vous allez voter pour qui ? Oh, moi, monsieur, je ne crois qu’à l’inoxydable et au sous-vide.

3 Réponses à “CCCXXXII.”


  • Avez-vous lu la presse sur cette alerte aux benzodiazépines?

  • Je vous ai laissé un commentaire hier (si je n’ai pas commis une erreur d’envoi) avec la question suivante: Avez-vous parcouru dans la presse de ces derniers jours ces alertes aux benzodiazépines?

  • La petite souris

    Des engliches au musée Jeanne d’Arc ?
    Ô Richard ! Ô mon roy !

Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......