CCCXI.

Il paraîtrait, qu’en haut lieu (on parle du Conseil Régional) notre trop cher Théâtre des Arts n’amuse plus. Trop petit, trop vieux. Il en faudrait un autre. Plus grand, plus beau. Au bord du fleuve, comme à Sidney. En moins audacieux, certes. Mais tout de même un peu. Pas trop. Comme toujours ici.

De temps à autre, je vais audit fameux Théâtre des Arts. Plus par fidélité que par goût. Plutôt par ancienneté. Aussi pour sortir. Somme toute, par hygiène. Pour l’opéra surtout. Pas de concert, ni de danse, où désormais je m’ennuie. Je regarde la salle, les spectateurs, la foule. Voici Rouen. D’hier et d’aujourd’hui. J’en connais quelques-uns. A l’entracte, on se salue. On sollicite mon avis. C’est bien, non ? Autrefois j’argumentais. Moi, ce n’est jamais bien. Ça m’a passé. Désormais je dis comme. Bref, je trouve ça bien, puisque tous trouvent ça bien. Ces spectateurs approuvent surtout le fait d’être là. D’en être. Comme nous tous.

Si l’on commence à dire pourquoi comment ça ne plait pas, le verdict ne tarde guère : Oui, mais vous, vous êtes connaisseur, vous êtes cultivé… moi, n’est-ce pas… Voilà, vous êtes tombé dans le piège. Lequel s’est refermé. On n’est pas ici pour étaler sa science, mais pour communier. Pas besoin de prouver sa foi, il suffit de s’agenouiller et prier. D’ailleurs, la sonnerie retentit, le rideau va se lever… Au revoir, cher ami… 

L’avantage d’être une personne âgée (pas dépendante) : ouvreurs et ouvreuses redoublent de gentillesse. J’en joue, faisant exprès de me tromper de rangée ou de fauteuil. Idem au foyer où l’on trouve rafraîchissement et sandwich. On m’y sert en premier, au mécontentement visible des autres générations. Bref, j’amuse la galerie.

Autrefois, au Théâtre des Arts, il y avait des créations. Du bon et du mauvais. A boire et à manger (comme au foyer). Imaginez que j’y ai vu, en création rouennaise, les Carmina Burana de Carl Orff. Date imprécise, mais hiver 1965. Et une autre fois, en novembre 1968, Ulysse de Luigi Dallapiccola, création mondiale ne vous déplaise. Là, je puis vous affirmer que nos vieux abonnés se sont cabrés. Qu’on aurait eu Led Zeppelin sur scène, que ça aurait été pareil. Enfin, vieilles histoires.

Qu’est devenu Paul Ethuin ? Il doit être mort. L’a-t-on assez vilipendé ! A tort, toujours. Accepter de diriger l’opéra ou l’orchestre, ici, c’est prendre un risque. Il faudra cependant, un jour, reconnaître que c’est sous cette direction que notre Théâtre local vécut ses plus beaux moments. Pour l’instant, autre usage local, l’oubli prévaut. Comme on dit : c’est mieux ainsi.

Il paraîtrait que Sidney est en Australie. Ça ne m’étonne pas. Comme président du Conseil régional, Alain Le Vern ne manque pas de constance. As du vélo, il maîtrise la roue libre. Ce qu’en philosophie on nomme l’indépendance d’esprit. Lorsqu’il était maire de Saint-Saëns, méditait-il déjà un futur opéra pour Rouen ? Saint-Saëns, nom d’un musicien ; et pour le bâtiment… un, deux, trois… allez, l’Australie. Ce que dans la vie courante on nomme la politique de l’autruche.

6 Réponses à “CCCXI.”


  • la petite souris

    Ah ça alors ! Nous passerons devant samedi, faut-il déjà faire des photos souvenir, à votre avis ?

  • Ah Monsieur Félix, avec un article comme cela, j’ai envie de vous embrasser ! Et encore, si vous saviez… Ce projet d’un futur « palais de la musique » s’inscrit dans une « stratégie de marketing territorial » (sic et sick) pour la modique estimée aujourd’hui entre 130 et 150 millions d’Euros.
    En fait, je n’arrive pas à me calmer, je suis très en colère car vous le soulignez bien, ALV ne manque pas de constance et ce truc est bien parti pour se faire…

  • François Henriot

    Joli et juste billet… qui heurtera les « nouveaux amoureux de l’opéra », du moins les plus suivistes. Au fait, vont-ils à l’opéra ailleurs qu’à Rouen, ces déjà bobos?

  • Sidney n’est pas en Australie, mais aux USA et/ou au Canada ; Sydney oui, en revanche, c’est en Australie

    Ah ces cinéphiles amoureux de Sidney Lumet, sans parler de ceux qui adorent la clarinette de Sidney Bechet…

  • bonjour,

    je me présente Nicolas Delaporte , je suis le fils de ancien attaché de presse de Maître Paul Ethuin chef d’orchestre du théâtre des arts
    de Rouen et ancien élève du mastro je viens de lire votre article je vais vous repondre Non Maître Ethuin n’est pas mort il et très malade, il toujour très aucourant de ce qui se pas au théâtre des Arts je peut vous dire que sa le mais en colère.
    Cordialement.
    Nicolas Delaporte

  • crasset jacqueline

    bonjour … étant de la famille de Paul Ethuin, je peux vous assurer que celui-ci n’est pas décédé !!!!

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