CCCIX.

Un lecteur attentif tente de me convaincre : au fond, ce que vous regrettez, c’est que Rouen ne soit plus comme dans un Balzac ou un Flaubert. Ou Zola, ou Maupassant, tout roman réaliste (naturaliste ?) de l’avant-siècle dernier. Possible. Probable. Avec personnages, décors, intrigues et le toutim. Que Rouen ne soit plus sur papier bible. A supposer qu’une ville…

Auquel cas, il nous reviendrait, ici, d’écrire les notes et les variantes. D’après les manuscrits originaux, les brouillons… Bref le travail auquel s’astreignent de savants universitaires (par-dessus mon épaule : pourquoi savants ? universitaires tout court). Donc des histoires d’amour, d’ambition ou d’argent. Où l’on placerait la rue du Moulinet, du Vieux Palais, St-Jacques, aux Ours, des Augustins, du Pont de l’Arquet…

Et où l’on rencontrerait une modiste allant porter son ouvrage dans divers magasins. Ce serait Les Dames de la Maternité, Au Poussin Bleu, Mistigri, Aux Fabriques Directes, Tentation, Au Gant Chic, La Vieille Tricoteuse, La Reine Mathilde… La modiste irait jusqu’au bout de son chemin. Au bout du récit et des aventures réelles ou imaginaires qu’on lui prêterait. Qui « on » ? L’auteur, parbleu. Lequel serait un type dans mon genre. Ou à peu près.

Une fois le roman refermé, on le rangerait à bibliothèque Villon d’où il ne sortirait plus. A la grande satisfaction de l’adjoint municipal chargé des bibliothèques, qui se félicite dans la presse locale d’augmenter avec vigueur le nombre des inscrits auxdites. Il oublie l’essentiel, mais comme il y a longtemps qu’il l’a oublié, inutile de lui rappeler.

Autre chose. L’autre jour, messe d’inhumation. Une de plus. Cela se passe à l’église Sainte-Jeanne d’Arc du Vieux-Marché. Il n’y a pas à redire : ratage complet que l’intérieur de cet édifice signé par ce vieux pirate de Louis Arretche (qui jamais n’en traça le moindre élément). Certes la verrière de Saint-Vincent (XVIe siècle) est un chef d’œuvre, mais sa mise en valeur date un peu.

L’entourage des vitraux, façon grisaille, écrase le principal ; les formes en ogive sont démesurées, la nef est trop haute, le sol par trop inégal… L’impression qui domine, celle de ne jamais savoir où l’on est. Dans l’église ? Dans la sacristie ? Dans une chapelle latérale… Toujours l’ébauche. Vous cherchez l’église ? C’est par là…

L’argutie voulant que l’édifice ait la forme d’un bateau renversé n’est qu’une idée de publicitaire. Idem pour l’extérieur voulu comme un immense poisson. Ces visions d’artistes ne sont que des consolations pour ceux qui n’aiment pas ce bâtiment. Or, il faut le reconnaître, cet ensemble a quelque chose d’irrépressible. Que fallait-il construire, là, à cet endroit ? Rien que : exactement ça. On s’y est trop habitué, voilà tout.

Nos Municipaux s’interrogent sur l’avenir de cette place. Il est temps. Ce qui oblitère ici, c’est le trop plein : ce reste de marché, ces barrières, ces poubelles, ces vrais-faux espaces verts, les parcours, les murets par-ci, les murets par là… Il faudrait enlever le fatras et conserver l’essentiel. Quoi l’essentiel ? La même chose que plus haut.

2 Réponses à “CCCIX.”


  • la petite souris

    Si, si, écrivez un roman régionaliste, allez, un peu de courage. Vous mettrez plein de « clés » partout et tout ce que vous voudrez !

  • Ça y est, vous avez commencé ?

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