CCCVIII.

A la boulangerie : Pardon, Madame, il y a un Metro ici ? On répond que oui. La station est à deux pas. La demandeuse : Et il va où ? Bonne question. La boulangère n’a pas la réponse. Mon Diplomate acheté, je me fais la réflexion que moi non plus. Le Metro, il va où ? Un adjudant répondrait : ça dépend. Au front ou à l’arrière. Ici, il va au Boulingrin, à Georges Braque ou à Technopôle. Mais est-ce une destination ? Descendre à Honoré de Balzac ou Léon Blum peut passer pour un but en soi.

Si la demandeuse posait sa question avec raison, la réponse non donnée conserve son sens. On ne sait où va le Metro. Et plus il ira, moins on le saura. Idem pour le diplomate, pâtisserie à recette fixe, mais dont on doit constater (déplorer ?) le relâchement qui préside désormais à sa confection. De là à penser que boulanger et boulangère n’en font qu’à leur tête, le pas est franchi. Depuis longtemps.

Il y a, dans une nouvelle de Marcel Aymé (chercher laquelle) un coiffeur qui résout les problèmes du temps. Ficelle connue. C’est, face à Dieu, la fameuse réplique du tailleur : Regardez le monde et regardez mon pantalon. D’où des pâtissiers qui se relâchent et des diplomates qui pataugent. Au milieu, le Metro avance. Sa seule raison d’être.

Autre chose. Il y a peu, le piéton pouvait constater –un samedi d’après-midi pluvieux – des démonstrations de danses orientales. La chose se passait au pied de la cathédrale. Ces Mystères d’un nouveau genre font sans doute allusion au portail de gauche, dit Saint-Jean, lequel représente l’histoire d’Hérode, la danse de Salomé et les déboires de Jean-Baptiste. En son temps, l’histoire inspira Gustave Flaubert. Nul doute que les initiateurs de l’exhibition danseuse y ont pensé. Comme ils ont pensé, avec ferveur, qu’en matière d’orientales, ledit Flaubert en avait, durant son séjour carthaginois, connu – comme on dit – un rayon. Rouen, ville d’art et d’histoire ? Pensez, on sait tout ça par cœur !

Autre chose encore. Pour qui voter ? Moi, le choix est fait. A dix mois d’avance, ne connaissant ni les candidats, ni les forces en présence… le moment est à saisir. D’avance je vote pour qui dira le réel. Pour qui dira ce qui a lieu, ici et maintenant. On me répondra que le choix est large. Et fluctuant. Car qui dit le réel mardi… L’avantage ? Cela permet de se décider à la dernière minute. L’ultime quart d’heure. Disons, le réel, au moment de sauter.

Autre chose enfin. Et n’ayant aucun rapport avec ce qui précède (encore que). Il n’y a pas si longtemps, au restaurant, quelqu’un disait : Guère envie de voter Strauss-Kahn. A quoi l’on répondait : Et tu voteras quoi ? Notre embarras, constatons-le, fut de courte durée. A une table à côté (je ne peux m’empêcher d’écouter les conversations) une jeune femme répondait à une autre : Oui, j’irais bien au hammam, mais je n’ai pas de maillot. Avouez que les Salomé d’aujourd’hui manquent de tempérament.

2 Réponses à “CCCVIII.”


  • la petite souris

    Monsieur Félix, si les diplomates sont médiocres, goûtez plutôt les salambbôs.

  • la petite souris

    En remplaçant un b par un m, c’est encore meilleur. Et puis mon petit frère eut, il y a peu, une amie qui professe la danse orientale. Et voilà, la boucle est bouclée !

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