CCCIV.

Traverser la ville revient à se promener dans un cimetière. Et avec l’idée que désormais le chagrin l’emporte. Chagrin joyeux car notre peine a son côté dérisoire. Rires ou pleurs, il faut toujours se forcer à la modération. Reconnaissons que sur ce thème, Rouen est sur la bonne ligne. Ni trop ni pas assez.

Pas envie de sortir. Pas envie de voir du monde. Pas envie de concert, de film, de théâtre. Je reste avec mes lectures. Internet, la radio et aussi la télé où J’observe comme vous cent choses tous les jours, Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours. Mes quatre-vingt d’existence se profilent. Nul doute que la désillusion coupera le gâteau d’anniversaire. Désillusion envers moi-même surtout.

Même Le Fanal de Rouen me tombe des mains. C’est dire ! Lisez-vous Côté Rouen ou Tendance Ouest Rouen ? L’essentiel y est, l’accessoire aussi (le contraire ?). Notre malheureux Fanal n’y gagne rien. Certes, pour apprendre que Paulette Servier a fêté ses 100 ans à la Résidence Les Hortensias, il est irremplaçable. Voulez-vous des photographies de Laurent Fabius, Didier Marie, Christophe Bouillon ? En noir et blanc, chez le dernier ; en couleurs, chez les deux premiers. Envoi gratuit sur simple demande.

Différence ? Michel Lépinay, dans le Fanal, montre chaque jour le monde tel qu’il est. Raisonnable journaliste raisonnant, il s’efforce de maintenir… un certain niveau ? une cohérence ? une cohésion ? Ce lundi 6 juin, il a écrit un excellent papier. L’éditorial intitulé Tragédie judiciaire, consacré à celui par le scandale arrive (au final il ne s’agit que de ça) est un aperçu de ce qu’il faut écrire. C’est-à-dire, expliquer au lecteur pourquoi et comment.

Cet article (celui-là ou d’autre) ne lui apportera ni honneur ou considération. Sa carrière est derrière lui. Et quant à dire que ça va booster les ventes… En foi de quoi notre vieux Fanal est comme à Bazeilles… L’allusion historique et picturale ne vaut que pour les gens de mon âge.

Pour le reste, verrons-nous des indignados place de l’Hôtel de Ville ? Si oui, nul doute que leurs tentes seront fournies par la mairie et que Bruno Bertheuil (Éric De Falco ?) aideront au montage. Pas trop profond les pieux, nom de Dieu ! 

Alors quoi de neuf ? Pourquoi pas la promenade au cimetière ? Souvenirs et regrets. Eternels ou pas. Carré A, allée 3, la sépulture de Monsieur F***, le caveau de la famille C*** et les déambulations du gardien. Pour ce dernier, l’histoire (grand H ou non) est secondaire, seule compte l’introspection. Sa présence (une meilleure intelligence du récit veut qu’il se nomme Félix) ne suscite guère de dialogue (ses collègues s’en plaignent) et quasiment pas d’action. Certains visiteurs se plaignent d’un parcours sinueux et difficile à suivre. D’autres que ce guide ou gardien borne son rôle à la pensée et à l’observation des enterrés.

Las ! A l’office du tourisme, on rappelle aux inquiets l’importance des émotions ressenties, la fragilité des relations et l’universalité de l’éphémère. Rien d’autre ? Si, le rappel de l’heure : On ferme !

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