CCXCIX.

Ce monde change à une telle vitesse que les gens d’un certain âge (le mien) ont des difficultés à s’y conformer. A peine l’habitude est-elle prise qu’il faut en changer. Cela assouplit les méninges, paraît-il… Je crois surtout que cela durcit les artères. Le cholestérol, c’est le temps qui passe. Plus l’électricité, aurait dit Lénine. Il n’avait pas tort.

On sait que Carabine, femme de ménage, m’a lâché. La cause : mes escaliers davantage que mon caractère. L’âge aussi. L’association (ou l’organisme) gérant ce genre de tracas m’a trouvé une autre personne. Pas du tout Carabine. Plus du tout. Elle se prénomme Léone et est, du plus lointain, d’origine gabonaise. Sa mère ou son père, je n’ai pas bien compris. Ou une grand-mère ? Bref française de France depuis quelques lustres.

Je lui demande quelle est son ethnie d’origine. N’en sait rien et la chose ne l’intéresse guère. Au début de nos relations je lui parlais de Libreville, de Lambaréné, du docteur Schweitzer… tout cela ne lui disait pas grand-chose, sinon rien. Elle me parle de sa fille, Mandy, seize ans, laquelle va au lycée Jeanne d’Arc et possède un scooter de marque Yamaha. La mention est importante aux yeux de la mère. Ambition de la fille ? Devenir médecin légiste.

Médecin légiste, avouez que… Comment cela lui est-il venu ? A cause d’une émission ou d’un film à la télé. Enfin d’après ce que compris, car Léone s’embrouille dans ses précisions. A moins que de mon côté… Il n’empêche, scooter ou pas, elle paraît décidée à manier le scalpel et la scie électrique. Brr…

Il semble me souvenir qu’au lycée Jeanne d’Arc d’autrefois, il y avait chaque semaine une alternance entre les blouses roses et les blouses beiges. Et que les scooters étaient peu nombreux à vouloir se garer rue Saint-Patrice. Quant à être fille d’une femme de ménage d’origine gabonaise… passons.

Y a-t-il un mari chez Léone ? C’est flou. Elle doit me trouver trop curieux. Une chose m’agace : sa propension à me parler comme un très vieux monsieur, un p’tit grand-père. Ça ne m’est pas toujours désagréable, mais bon. Et à se muer en donneuse de leçon. Du genre faut manger, faut boire… Tout ce qu’on lui a appris lors de sa formation. Quand elle aura bu autant que moi !

Je vous disais que le monde changeait… à la vitesse des scooters Yamaha je présume. Ceci expliquant cela ? Au guidon, on ne perd pas son temps, on ne le rattrape pas, on le suit.

Ainsi qui aurait pensé que l’homme dont il est partout question, porté en haut de l’affiche samedi soir, serait dimanche matin aussi bas. Tout le monde le voyait gagnant et haut la main. C’était chose acquise et le pays, enfin, retrouverait de quoi être fier. Voilà, il fallut déchanter. Désormais on se retrouve sans rien, avec nos yeux pour pleurer. Oui, dimanche, avec Molineux, à la Brasserie Paul, nous étions d’accord : on sera long à se remettre de la défaite d’Amaury Vassili.

2 Réponses à “CCXCIX.”


  • Mazette, quelle chute !!

  • la petite souris

    Ah bon ! Moi, en fait de Vassili, je ne connais que l’adorable Vassilis Alexakis !

Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......