CCLXXXIX.

Il y a peu, à propos d’une chose toute autre, je parlais du cinéma Normandy, lieu mythique qu’on trouvait, presque caché, rue Écuyère.

Je me souviens, mais pourquoi donc, que c’est au Normandy que fut projeté South Pacific. Le film, adaptation d’une opérette américaine, n’est guère resté dans les mémoires. Enfin si, en raison de sa bande sonore qu’on trouve, bien diffusée, en cédérom. Pour les amateurs.

Je me souviens aussi, et j’en aurai terminé avec ce laborieux hommage à Georges Perec, que ce film fut l’un des premiers, sinon le premier, édité en 70 m/m, format qu’on appelait alors (pourquoi donc ?) le Todd-Ao.

Tout ça pour dire que South Pacific (signé Oscar Hammerstein II et Richard Rodgers) se passe durant la Seconde Guerre Mondiale. Dans le Pacifique Sud (d’où le titre, off course). On s’y amuse et s’aime sur fond de préjugés raciaux, ce qui échappe à la plupart des contempteurs français. Vrai que c’est surtout fait à l’usage les Américains. Les Yankees, comme on disait alors. Comme on ne dit plus. Autrefois, les filles disaient : les Ricains. Ça se dit encore moins.

Aux débuts des démêlées atomiques et japonaises, plusieurs medias ont voulu remettre lesdits Ricains à l’ordre du jour. Dame, si l’on n’avait rien vu à Hiroshima (on notera le discret hommage), on verrait tout à Fukushima. Et ça, à tout prendre, c’était pas loin d’être de leur faute. Aux Américains, je veux dire. D’où cette insistance à nous entretenir, sur les ondes et dans les fluides, de la catastrophe de Three Mile Island en 1979.

A cette époque, le Normandy n’existait plus. Et South Pacific guère moins (quoique pas tout à fait). Puisqu’il s’agit de cinéma, je crois me souvenir que Three Mile Island fit l’objet d’un film, le Syndrome chinois. Du temps où j’allais au cinéma, l’ai-je vu ? Si oui, aucun souvenir. A ce propos, pourquoi « syndrome chinois » ? Un bref expert m’explique qu’au lieu d’exploser, le réacteur d’une centrale endommagée (euphémisme), s’enfoncerait de manière inexorable. D’Amérique, elle ressortirait en Chine, d’où l’expression et l’explication… qui n’explique rien.

Imaginera-t-on que de Fukushima, le réacteur Trois, ou Quatre, ou Deux, ou tous en même temps, apparaîtront ici, à Rouen, par exemple rue Écuyère ? Il me faudrait une mappemonde et une aiguille à tricoter pour vérifier. Certes, rien là de souhaitable, mais enfin les Verts locaux n’y verraient pas d’inconvénients (on vous l’avait bien dit !) et, de fait, dans la foulée, le moment venu, remporteraient les Municipales haut la main. Bien sûr, rue Écuyère, il y aurait des dégâts, mais bon. On n’a rien sans rien. Une fois les services municipaux repris en main, Christine Rambaud désavouée, les nouvelles balayeuses en action, ce sera l’affaire de deux ou trois jours.

Sous les gravats, qui sait, dans une cave oubliée, trouvera-t-on une bobine de South Pacific. Parmi les morceaux chantés, il y en a un intitulé Happy talk. Le titre est charmant. Et sans entrer plus avant, assez subtil quant à la traduction. Puisse Rouen Chronicle toujours s’y tenir.

2 Réponses à “CCLXXXIX.”


  • Je voulais dire qu’à Hiroshima, les rescapés parlent très peu et très timidement de leur passé parce que les jeunes générations leur rigolent au nez et les font tout de suite taire. Voilà, c’est dit.

  • usant de mon « day off » pour vous lire, je (re)découvre avec ravissement une fantaisie atomique passablement oubliée depuis un certain Dr Folamour…Quant aux agents municipaux chargés de faire disparaitre la-dite centrale, équipons les en conséquence : gants en nitril, casque anti-bruit (ça peut toujours servir…) et le fameux beaudrier, sans lequel un agent municipal n’est pas tout à fait lui-même…

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