CCLXXXVIII.

Dire que je suis allé tant de fois et tant d’années au cinéma. Et que je n’y mets plus les pieds. Pourquoi, comment, voilà qui serait long. Les rares films que je vois passent à la télévision. Plutôt des films anciens que je m’acharne à enregistrer sur un appareil qui me complique la vie. Mais c’est ça ou rien.

Il y a peu de temps Elizabeth Taylor est morte. Reconnaissons-le, dans une presque indifférence. Dans les cinémas surtout. Car désormais les salles ne sont que des hangars à diffusion de nouveautés plus inutiles les unes que les autres.. Leur calendrier n’a cours que pour les naissances, pas pour les décès.

Même notre municipal Omnia n’y échappe pas. L’autre jour, l’après-midi, je suis allé voir La Marseillaise de Jean Renoir. Histoire d’être dans le ton, on nous la joue au ciné-club avec sages étudiants et doctes professeurs. A l’ancienne. Tout le monde semble y tenir un rôle. Au vrai, personne n’y croit. L’essentiel est de faire semblant. Comme à l’église ou ailleurs.

Avec trois ou quatre spectateurs de mon acabit, nous figurerions l’aile senior de l’assistance. A peu de choses près, on aurait pu témoigner des conditions du tournage et de la mauvaise foi légendaire de Jean Renoir. Et Lise Delamare, comment était-elle ? Ah, je l’ai bien connue ! Une garce. Etc.

Dommage que le professeur ne nous ait pas interrogé. On aurait eu tout bon. Dans l’assistance, ce ne sont que bons et bonnes élèves. Ils écoutent. Approuvent. Posent une ou deux questions. A la sortie, les magistères les reconnaissent. Ça vous a plu ? Vouiii, m’sieur… A moi on ne me demande pas. On se méfie. Vrai qu’avec mon air revêche…

La Marseillaise est sous-titrée Chronique de quelques faits ayant contribué à la chute de la monarchie. Beau titre. Tout livre d’histoire devrait s’y tenir.

L’actuelle chronique locale nous apprend que nos Verts locaux se retirent de l’exécutif. L’expression, admirable, autorise à s’interroger sur ce qu’exécute cet exécutif, mais bon. On voit dans ce retrait l’événement de la semaine. Les uns paraissent surpris, les autres déjà au courant. Depuis longtemps.

Il semble me souvenir qu’en 2008, lors de la spectaculaire élection de la liste de Gauche (ou la spectaculaire chute de la liste de Droite), un nouveau conseiller municipal (non des moindres) me confiait, entre le buffet et la foule : Ils nous lâcheront deux ans avant la fin du mandat et prépareront leur liste pour 2014. Il parlait des amis Verts. Avouez que…

Bref, scénario écrit d’avance. Comme au cinéma. Dans La Marseillaise, un personnage dit à un autre : De ma vie, je n’ai jamais eu si froid aux pieds. Il s’agit de la bataille de Valmy. Ce genre de détail ne s’invente pas.

Il fut un temps, où, au même cinéma Normandy, celui que je regrette, on projetait, chaque samedi, à minuit, ce qu’on nommait à l’époque des « films d’horreur » et aujourd’hui des « fantastiques ». J’y ai vu La Cité des loups-garous. Ça, ça faisait vraiment peur.

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