CCLXXXIV.

Donc, pour qui prendra la peine de se rendre à la mairie de Sotteville lès Rouen, il retrouvera Poustiquet, Hortense, et Lily Sprint. Ça parle au cœur ou pas, rien d’autre. Pour le reste, il s’agit de dessins de presse, genre disparu ou peu s’en faut. Journaux et nouvelles d’autrefois, il y fallait du trait d’encre pour souligner. A cette époque, on lisait tant de quotidiens qu’on en avait les doigts noircis.

Il y avait Jean Effel, Jacques Faizant, Trez, un type qui signait Barberousse, Pif le chien, le professeur Nimbus… Ça n’arrêtait pas, à l’horizontale, à la verticale, autant que vous en vouliez. Et on voulait.

Longtemps, à la manière de Marcel Proust, j’ai pris mon petit-déjeuner au café. Ça n’était pas tant que je me sois couché de bonne heure, mais faire le café le matin, avoir du lait frais, du pain, du beurre… tout ça était plus facile au bas de l’immeuble. J’ai ainsi fréquenté le Café de la Poste, celui de Rouen et l’Union. Sinon le dernier, devenu le O’Kallagan (place de l’Hôtel de Ville), les deux autres ont disparu (rue Jeanne d’Arc et rue Gros-Horloge). Ces années-là, les Cinquante, on trouvait tous les journaux. Près du comptoir, tout frais, à disposition. Et aussi dehors, à un petit étal, quelques titres placés là, sous la garde d’un vieux ou d’une vieille, la pile épargnée du vent par une pierre. Un titre, deux, voire trois… à peine cent francs, la presse, comme on dit, se donnait.

Commencer sa journée avec un grand crème, pain beurre… Dans le bruit assourdissant du percolateur… et découvrir la dernière blague de Poustiquet… puis s’appliquer à l’édito de Pierre-René Wolf, sans parler de Sur les pointes de Pierre Merlin… Que voulez-vous, ça offrait un tonus certain. Le reste suivait. Aujourd’hui, je me fais du Nescafé, des petits pains suédois, du Bridelight et j’écoute France Inter ou France Culture d’une oreille. De l’autre, je lis Paris Normandie pour qui Michel Lépinay s’échine dans le raisonnable et le résonnant. Au final, Sur les pointes est devenu Les pieds sur terre. Question d’époque.

Au Café de la Bourse, vers dix-huit heures, à l’heure de l’apéritif, il y avait aussi Max l’explorateur d‘un certain Bara. Dans France Soir je crois. Et d’autres, dont je revois le dessin, le trait, le mouvement, mais que je ne retrouve pas dans mon esprit (façon de dire). Mais admettons que le souvenir embellit les choses, comme toujours.

Pas pour Poustiquet. Lui reste intact. Ce, malgré les déplorables conditions de cette exposition mise là par défaut. Pourquoi Sotteville, dans ce lieu si mal commode d’une mairie tantôt ouverte, tantôt fermée ? Encore ne faut-il pas se plaindre et déplorer que notre municipalité mérovingienne ait dédaignée le sujet. Vrai qu’elle a d’autres soucis. Et puis, aujourd’hui, célébrer Hortense ou son mari, c’est assez bon pour ce vieux chanoine de Bourguignon. C’est son côté rocardien. De ce côté de l’eau, c’est celui de Laurent le painteur. L’art qui s’expose et qui se mérite. L’art pour la galerie.

2 Réponses à “CCLXXXIV.”


  • Mon caractère, mon style de vie m’ont toujours fait aimer les évènements vécus comme des comètes : un bar énergique à se gaver de shooteurs sans pouvoir au matin se souvenir du chemin de retour, ouvert 3 ans puis bye; un amour passionnel et bref me laissant la libido en ruine qq mois jusqu’à la renaissance; un job-passion à ne penser qu’à ça comme si l’économie locale en dépendait; un blog 24/24h à s’en brûler les yeux; des joints, encore des joints dont le premier se fume de plus en plus tôt, allo Houston on a un problème, puis basta… J’y repense parfois avec la satisfaction volontairement égocentrique qui consiste à me dire que je l’ai vécu et que personne d’autre ne le vivra. Et ce que vivent les autres, en gros je m’en tape.
    Ça porte un nom d’être ainsi? Je sais pas et je m’en fous de mourir demain, d’ailleurs plutôt demain que traîner une carcasse surmontée d’une tête chancelante qui pourrait hors de mon contrôle me faire éprouver regrets et remords. See you later, enfin peut-être.

  • Il était beau le Café de la Poste ! Et c’est en face qu’on pouvait acheter ses lentilles de contact. Sinon, Monsieur Le Major n’a pas l’air en forme, c’est un peu inquiétant…

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