CCLXXIII.

Le Fanal de Rouen, jamais en reste, m’alerte sur le fait, regrettable, que le niveau en orthographe baisse dans les entreprises. Tout à fait d’accord. J’ajoute que le phénomène ne concerne pas que les entreprises. Il n’est que de considérer les blogs divers et variés, où ce ne sont que fautes d’accords, temps de verbes bancals et constructions de phrases à l’à-peu-près. Ah, là là, j’en sais quelque chose. Et, croyez-le ou pas, ces errements ne viennent pas de la jeunesse blogueuse, mais parfois (souvent) des personnes âgées.

Et, croyez-le ou pas, ces dernières n’en sont que plus coupables. Nos seniors ont eu l’avantage d’avoir reçu les enseignements d’instituteurs aguerris, laïques et obligatoires, hussards de la République, et tout et tout. Et puis enfin, bon sang de bonsoir, il existe des dictionnaires, des mémentos orthographiques, des précis de grammaire ! Ça n’est pas fait pour les chiens, crénom d’un !

Bon, ceci dit, où en étais-je ? Ah, oui, à l’entretien que donne au Fanal une certaine Jeanne Bordeau. Qui est-ce ? Apprenez, chers lecteurs, qu’elle est linguiste. De surcroît présidente de l’institut de la qualité d’expression. Alors là, comme dit la jeunesse : total respect ! Quelqu’un qui est présidente d’un pareil institut ne doit pas être n’importe qui. Pour vous en convaincre, n’hésitez pas à lire les réponses accessibles qu’elle donne à l’aimable journaliste. Il ne vous sera que de consulter l’édition fanalienne du samedi 29 janvier, tout y est.

Tout ? Oui et non. Car enfin, Jeanne B. conférencière pour entreprise en mal de management, est venue à Rouen. Faire quoi ? Doctorer pour doctorants, ou tout comme. Bref, cachetonner. Mais passons. Comme dit la chanson : Faut vivre

Et exister. La preuve ? Notre journaliste fanalien (ou fanaliste ?), devant les ravages du mauvais écrit et du mauvais parlé, interpelle la linguiste présidente : Que faire ? Jeanne B. donne la réponse : Pour s’améliorer, il faut lire par exemple. Mais, ajoute-t-elle aussitôt, pas nécessairement des grands classiques, il faut aussi se faire plaisir ! Il était 8h17, j’ai failli avaler ma biscotte de travers ! Avouez qu’on n’a pas tant l’occasion de rire, autant en profiter. Et Jeanne Bordeau m’en offrait là une solide. Du coup, deuxième biscotte.

Certes, rien là d’original, notre distinguée linguiste s’installe dans l’air du temps. Celui de La Princesse de Clèves. Lequel air souffle sur les bibliothèques locales (ceci dit en passant, histoire d’accélérer ma digestion).

Bref, ce samedi, je n’ai pas digéré de la journée. Et de la soirée, car vint l’heure de dîner en ville. Chez Molineux, ami collectionneur et brocanteur, expert en choses et en placements rares pour gens argentés. Les conversations roulèrent sur les rouennairies rouennaises. Autant dire qu’on se régala, mais qu’il sera difficile d’y démêler l’important de l’accessoire. J’y mêlai mon grain, racontant ce qui précède. On rit d’assez bonne grâce. Le juliénas aidant, je m’emportai un peu. Bah, te frappes-pas, me dit Molineux, ta Jeanne Bordeau, j’ la connais, elle est tout l’ temps saoule ! 

Alors lui, pour relever le niveau !

6 Réponses à “CCLXXIII.”


  • Tention quand même à l’impératif (oh le S !) Si vous voulez connaître un as de l’orthographe j’en connais un mais il est un peu grognon en ce moment.

  • Côté orthographique, justement, pour reprendre deux citations de votre ami Molineux :

    « ne te frappes-pas » ou plutôt : « ne te frappe pas » ?

    «elle est tout le temps saoule» ou plutôt «elle est tout le temps soûle» ?

    Molineux serait-il de ceux qui font parfois des fautes d’orthographe «même à l’oral» ??

  • Michel Perdrial

    Pour la première: faute de frappe.
    Pour la seconde: les deux s’écrivent.

  • « Ne te frappes-pas » = non pas une, mais deux fautes « de frappe » (le tiret + le « s »).

    A l’intention d’une éventuelle garde rapprochée de Félix : de mon point de vue cela ne diminue en rien son grand talent que, de temps à autre, lui-même se prenne un petit bout d’orteil dans le tapis.

    Je suis de celles qui le lisent avec impatience et délectation.
    En revanche sans suivisme tous azimuts, concernant le fond comme parfois – très rarement – la forme.

  • ludanslapresse

    Il est assez comique de voir les fameux professionnels du Fanal de Rouen se pencher gravement sur la baisse du niveau en orthographe dans les entreprises…
    Ils sont bien placés pour la déplorer !

  • Oh et après, c’est sûr, on s’en moque bien des fautes d’ortaugraffe, et celles de Monsieur Félix sont trop mignonnes !

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