CCXXXVIII.

On a enterré P***, il y a peu. Enterré, façon de dire, car son corps a été incinéré. Cendres au vent, jardin du souvenir… Ils étaient peu à se recueillir. Pas de famille, quelques amis, des copains de régiment comme on ne dira bientôt plus. Tout ça sur la Costa Brava où le garçon vivait retiré. Ou enterré. Ou incinéré. Pareil au même.

P***avait fait la guerre d’Algérie. Vingt huit mois sous Guy Mollet, ça compte. C’est même ce qui l’a démoli. Entendez qu’il y eut un avant et un après. Que sont devenus ses carnets qu’il écrivit à l’époque ? Envolés eux aussi ? Il m’en avait passé divers extraits que je n’ai pas conservés. Dommage. On y parlait du 1/66ème régiment d’artillerie, de campements, de sorties, de permissions en ville. Alger, Oran, Marseille. D’un grand bateau blanc aussi, pris pour rentrer en France, Le Kairouan… On s’en souvenait à cause la chanson : J’aimerais tant voir Syracuse

Des cahiers d’écoliers d’autrefois, de ceux qu’on nommait des cahiers de brouillon. Un papier qui buvait, mais comme P*** écrivait au stylobille, ça bavait moins. Traits épais, pleins et déliés pour une guerre sur laquelle il avait peu à raconter. Vrai, à lire, c’était comme un séjour aux colonies. Du moins, ce qu’il en disait. Y avait-il autre chose à voir ? Pas sûr.

Son unité se trouvait au Zaccar. Détail d’autant plus drôle, qu’il avait vécu son enfance dans le quartier de la Croix de Pierre. Drôle parce qu’au début de la rue Orbe, il existait un marchand de vins à l’enseigne des Caves du Zaccar, région d’importants vignobles. Ça ne s’invente pas. Je ne suis pas dépaysé m’écrivait-il. N’empêche. Ajoutons aussi que P*** ne but jamais une goutte d’alcool. Le roi de l’Orangina… disait-on. Orangina qui, si je ne m’abuse, est un soda originaire d’Algérie (à vérifier).

Oui, que sont devenus ses carnets ? Méritent-ils qu’on s’en souvienne ? Comme on se souvient des Caves du Zaccar, de Guy Mollet, du Kairouan, et pendant qu’on y est, de la Costa Brava. Quand à la guerre d’Algérie, c’est l’avalanche ! Entendez qu’on s’en souvient trop et pas sous la bonne latitude. Ou longitude. A vous de voir.

Autre chose. Primo, il paraît que L’Écaille, où j’ai dîné en juin, a fermé. Porterai-je malheur aux restaurateurs ? Si oui, attendez-vous à d’autres fermetures. En premier lieu, je vais m’attaquez au Vieux-Marché, à La Couronne, par exemple.

Deuxio, Meier pâtissier ayant, lui aussi, fermé, on vend à l’encan son mobilier Art Déco. A deux pas, on a (vaguement) classé monument historique Le Métropole, troquet renommé pour les visites de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Tromperie des choix ! Chez Meier, j’ai dégusté, des années durant, d’exquis éclairs au café. Ça méritait, il me semble, autant le classement.

Tertio, on se repaît, en ce moment (pourquoi ?) du chanteur Joe Dassin. N’a-t-il pas épousé, un temps, Christine Delvaux, fille du photographe Delvaux-Madeleine, établi rue Général-Leclerc ? On en parla beaucoup à l’époque. Plus maintenant.

Quatro, à propos de l’élue rencontrée l’autre soir… Mais c’est trop tard !

1 Réponse à “CCXXXVIII.”


  • Mais chez Meier, vous n’aimiez pas aussi les croissants à la framboise ? Cela me surprend beaucoup de vous.
    Madame Joe Dassin était assez pimbêche, il me semble, mais je ne l’ai aperçue que très rapidement, bien après son veuvage. C’est une vraie carrière qu’être veuve célèbre… Considérez l’importance de la Maréchale Leclerc, notamment…
    Et le cours de danse classique de Madame Béatrice Moséna (ou Mozéna, je ne me souviens plus bien), l’avez-vous fréquenté, pourriez-vous l’évoquer rpidement ? Non ? Tant pis, je le fais à votre place : c’était une vraie peau de v… Juste en face, c’était le repère des étudiants d’Occident. Au total, un coin redoutable pour les petites filles !

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