CCXXXV.

Chacun l’a remarqué : on ne vend plus les journaux dans la rue. Du moins en province (en région, n’est-ce-pas). Peut-être à Paris ? Un peu. Enfin bref. Vrai aussi que, pour ce qu’on y lit, pas de quoi le crier en plein vent. On ne vendra plus l’Intransigeant en annonçant l’assassinat du roi de Yougoslavie ou de Serbie. Dommage, mais c’est comme ça. Quand on y pense, l’intransigeant, quel titre ! Surtout à l’époque où il fallut, bon gré mal gré, transiger.

Alors qu’aujourd’hui, tout le monde intransige. Par la voie des journaux ou d’Internet. Les médias n’est-ce-pas… Plus de rois à assassiner vraiment. Donc faisons-le au virtuel. Au véritable chamboul’ tout ! A l’intraitable Guignol ! Voilà les titres méritant le contemporain. Qu’on en profite, à mon avis ça ne durera pas. Pas tant à cause d’une quelconque censure, mais parce qu’on va se lasser. Un jour viendra où cela n’intéressera plus. Il y aura plus urgent.

Les journaux d’autrefois avaient de beaux intitulés, venus d’on ne sait où. Lorsque j’étais jeune (pas tant que ça) je lisais Adam. Une sorte de revue féminine, mais pour hommes. Avec du militaire, du sportif, du baroud, de l’aventure, de la mode aussi. Pour les hommes qui en avaient. Ou qui en ont. Le tout à la sauce des années Cinquante ou Soixante. Plutôt chic avec du Alain Delon, du Jean-Paul Belmondo, du Maurice Ronet, le genre Feu follet… Pour ceux qui savent. Et qui aiment.

Je baignais là-dedans. Je pensais que j’en étais. Qu’il fallait que j’en sois. On me le faisait croire aussi. Tout ça à conjuguer à l’imparfait plus qu’au passé. Comme les regrets. Enfin bref.

Longtemps, chaque matin, j’ai pris mon petit déjeuner au Café des Postes. Oui, je sais, il s’agit, en fait, du Café de la Poste, mais je n’y peux rien, j’ai toujours en tête un hypothétique café des postes. Un grand crème et un pain beurre. Et je lisais les journaux. Ceux du matin : Le Figaro, L’Aurore, Combat, Paris-Normandie … Puis, revenu, vers six heures, ceux du soir, France Soir et Le Monde. A l’époque, ça coutait à peine, y compris le petit-déjeuner et l’apéritif. Les journaux s’achetaient au petit kiosque établi sur le trottoir, près du café. Un petit vieux qui arrangeait ça de façon attrayante et sympathique. Un de ceux qui y croyaient. Ils n’existent plus.

Qui ? Les journaux et leurs vendeurs. Des uns et des autres, ni attrayants ni sympathiques. Qui lit encore la presse à l’heure de l’apéritif ? Il suffit de faire Les Floralies, Le Socrate et L’Échiquier pour être renseignés. Vous me direz, des cafés et des journaux… Comme dit la chanson : même les cafés crème n’ont plus le goût que tu aimes.

A ce propos, j’ai apprécié les propos d’un récent ministre fustigeant les habitués de Saint-Germain des Prés. Comme dit l’autre, ça m’a rappelé ma jeunesse. Que voulez-vous, on les références qu’on peut. Ainsi, l’autre jour, je croise une élue locale, fraîche et comme revenue de vacances… mais laissons ça pour une prochaine chronique.

1 Réponse à “CCXXXV.”


  • Monsieur, vous êtes un homme de confiance, je suis donc sûre que vous avez « oublié » d’assister à la conférence (sic) de Monsieur Delerm !

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