CCXXXI.

Admettons l’ennui des fins d’août où les vacances s’achèvent mais aussi continuent. Histoire de crépuscule, c’est le célèbre dix-huit heures des dimanches soirs. Mauvais moment à passer. Dans cette ambiance, la lecture des journaux n’arrange rien. Celle du Paris-Normandie semble battre des records dans que dire, que faire, ceci nappé de sauce publicitaire accompagnant le festival de qui vous savez. Pour le reste, il faut meubler.

Meublons. Ainsi, ce mercredi 11 août, la rédaction de Rouen, unie dans une même détermination, s’est mise en tête de tester pour vous les restaurants japonais d’icelieu. Pourquoi non ? C’est aussi intéressant que rien d’autre. Au final, il en résulte une page et des photos à partir d’une idée en l’air, celle-ci vite retombée. Le lecteur en a l’habitude.

Comme il est habitué à cette manie, vraie marque de fabrique, de l’emploi d’un mot pour un autre. Ce jour, nos gourmets à la plume courte attribuent la note de 6 sur 10 (on rêve !) au Sushi Tokyo, établissement qu’ils sanctionnent de cette façon : un choix varié et des incartades dans la cuisine chinoise.

Certes, chacun ses goûts, mais le vocabulaire a aussi des droits. L’incartade est-ce le fait de pénétrer momentanément dans un domaine qui n’est pas le sien ? Non, ça, c’est l’incursion. Le léger écart de conduite, ça c’est l’incartade (toujours d’après l’ami Robert). Donc, à bien lire, au Sushi Tokyo, le cuisinier japonais (ou supposé tel) n’est guère sérieux puisqu’il commet des incartades.

Ce n’est un secret pour personne, à peine son service achevé, il mène une vie de patachon. Qui plus est, ses joyeusetés (pas du meilleur goût, reconnaissons-le) se déroulent en compagnie de cuisiniers indiens, collègues guère en reste pour mener ce garçon hors des limites acceptables. Ainsi, il y a peu, la petite bande a trouvé amusant de pénétrer dans un Tex Mex. Là, ces professionnels ont voulu en remontrer aux cuisiniers du cru. On devine ce qu’il en est advenu du guacamole agrémenté de shochu et de sauce chutney. Certes, rien de grave et, du reste, le service de répression des fraudes, dépêché sur place, a fermé les yeux. Comme le lecteur de Paris-Normandie, il en a l’habitude.

Fin de l’histoire ? Non. L’autre nuit, nouvelle virée, toujours en compagnie des cousins indiens, auxquels s’était joint un prétendu cuistot espagnol. Cette fois, la bande a pris d’assaut le piano (terme de métier) d’un réputé restaurant chinois où se déroulait un anniversaire de mariage. Voulant prendre les choses en mains (ce fut leur expression), les assaillants confectionnèrent une pièce montée à leur façon où voisinaient mitarashi, cuajada et kulfi, le tout trempé de yaourt de chèvre ! Têtes des mariés et des invités !

A l’évidence, ces incartades dans une cuisine chinoise sont regrettables, voire répréhensibles. Seront-elles sanctionnées ? Pas sûr. Certes il y a le bon vocabulaire, la bonne orthographe (pas vrai Félix ?) et les bonnes idées. Mais il y a aussi les journaux. Bons ou mauvais. Tantôt l’un, tantôt l’autre ? Disons, comme pour le Sushi Tokyo, 6 sur 10.

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