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Archive mensuelle de juillet 2010

CCXXVIII.

Il y a peu, à la radio, une analyste demandait à un mémorialiste : aimez-vous toujours les gâteaux ? Réponse affirmative, et l’interrogatrice de conclure : bravo, c’est que vous êtes resté un enfant ! Échange ravissant que je prends à mon compte. Le goût (irraisonné) de la pâtisserie ne m’a jamais quitté. Ne me quittera pas. Ainsi ne guérit-on jamais de son enfance : jamais rassasié.

Une tarte aux fraises, un éclair, un millefeuille… Rien ne suffit. Toujours recommencer. Nouveau pâtissier, nouvel espoir. Et les déceptions ne font qu’aviver le renouveau du plaisir. Bref, les gâteaux, le encore, encore du sein maternel (et autre chose, n’est-ce pas…)

La psychanalyse, qu’on s’en félicite ou le déplore, c’est commode. Ça permet d’ériger en quasi-maladie les travers de la vie quotidienne. Tout au pathologique. Bref, la morale est devenue clinique. Là où tout commence et finit, chacun le sait : c’est parce que ma mère ne m’aimait pas.

Notez que cela n’excuse pas les mauvais gâteaux. Du moins les médiocres. Or, les pâtissiers de nos jours, avouons que… Il y a une bonne trentaine d’années, sinon quarante, deux ou trois fois la semaine, je remontais la rue Beauvoisine. Sur le côté droit, peu après la rue de la Seille, il y avait un salon de thé. Sans conteste un des meilleurs de la ville. Je ne vous dis que ça. Il n’existe plus.

Juste avant d’y arriver, on avait une curieuse vision, dans une boutique minuscule, celle d’une couturière à bec-de-lièvre, flanquée d’un fils dans un fauteuil roulant et d’un chat noir et blanc dormant sous la lampe. La vision rouennaise de La Dentellière, tableau hollandais passé de mode.

Les mokas au café de Péroche n’avaient pas d’égal. Rien ne les a remplacés. Rien ne les remplacera. Les toiles de Vermeer n’ont plus. Et pourtant l’héroïne de La Laitière, à bien y regarder, s’apprête à faire un gâteau. Lequel ? Mystère. Seule chose qu’on sache, c’est ce que l’industrie alimentaire mondialisée s’en est emparé… du tableau et des gâteaux.

Je ne remonte plus la rue Beauvoisine. J’imagine que la couturière n’y est plus. Pour Péroche, je sais. Fini et bien fini. Si l’on avait du courage, il fallait, ces derniers temps, grimper jusque sur la place, chez Bolzer. C’était pas mal, mais il perdait la main. Fermé lui aussi. Bref, plus de pâtissiers, plus de gâteaux. Plus de tableaux hollandais. Tout à l’impressionnisme. Comme pour la pâtisserie : Au flou barbouillage.

La preuve : trouvez-moi un impressionniste avec une seule pâtisserie. Peut-être Claude Monet et son Déjeuner sur l’herbe (celui-là, pas l’autre) avec, caché derrière une bouteille, un semblant de tarte aux abricots. C’est tout. Et peu.

C’est pour ça que la peinture moderne ne vaut pas la peinture ancienne. Et qu’on regrette la couturière, son fils infirme et le chat Domino. Et qu’on est ravi d’entendre Caroline Eliacheff répliquer à Daniel Cordier : bravo, c’est que vous êtes resté un enfant 

Je profite de cette chronique pour annoncer une pause estivale. Si tout va bien (sait-on jamais…) rendez-vous ici même le 9 août. En cas d’arrêt définitif, les abonnements seront prolongés d’autant.

CCXXVII.

Tout le monde le sait et Rouletabille bien mieux : le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat. A l’encontre, il y a longtemps que la place de l’Hôtel de Ville n’a plus rien pour elle. La frénésie destructrice d’un Jean Lecanuet (aidé de ses calamiteux adjoints) a imaginé cette galette informe où ne subsistent rien des origines. Arbre après arbre, espace après espace, il a fallu amoindrir, rogner, effacer. Ce qui n’était qu’ampleur et dégagements est devenu recoins et angles morts. On a rangé, compartimenté, bref défini.

L’apothéose fut atteinte (profitons-en pour rappeler qu’apothéose est du genre féminin) avec la fontaine zodiacale de Louis Arretche, laquelle achevait un chamboule tout circulatoire né de l’instauration du parking souterrain, de la disparition des pompiers, du commissariat, de la station des tramways, etc. Pour parfaire le chef d’œuvre, on a imaginé un mignard monument commémorant l’appel du 18 juin 1940 et un autre pour l’escadrille Normandie-Niemen… A qui le tour ?

Un qui se méfie, c’est le cheval de Napoléon. Patience, on y arrivera. Déjà cette fontaine n’était pas grand-chose, mais au moins l’eau y coulait. Aux beaux jours la jeunesse s’y donnait rendez-vous par groupe. Là, au milieu des bassins, questions oiseuses ou sérieuses, amours adolescentes, rigolades ou prises de tête… Le vainqueur de Wagram fermait les yeux. Il en avait vu d’autres…

Mais les Municipes veillaient. Cette eau qui coule, ça revient cher. Et pis, quand qu’ c’est bouché, ben c’est bouché. Et quand qu’y faut déboucher, pardine, ça coûte. Ça s’erait t’y pas mieux un jardi ? Sûr que oui. Furent comblés les bassins de terre meuble et plantées pâquerettes, coquelicots, boutons d’or… Colchiques dans les près fleurissent fleurissent. C’est impressionniste, qu’on vous dit. Les ados ne sont pas heureux ? Qu’ils aillent y voir !

Ça n’est pas tout. Rouletabille le sait : derrière le presbytère, il y a le jardin de l’Hôtel de Ville. Et son grand bassin. Là, autrefois les enfants sages faisaient glisser leurs bateaux. En tout bien tout honneur car c’était sous les auspices de Nessus enlevant Déjanire, groupe suggestif. Encore une fois, on fermait les yeux.

Alors mon brave, demanda Valérie Stangerson au jardinier, qu’en pensez-vous ? Le bonhomme, retirant sa casquette, se gratta la tête et sourit de façon malicieuse. Ben, M’ âme le maire, sauf vot’ respect, quand qu’ c’est bouché, c’est bouché. Et quand qu’y faut déboucher, ça coûte. L’élue réprima une moue agacée : Oui, dit-elle, comme d’habitude… un jardin ? J’allais l’dire conclut le père Magloire.

Alors voilà c’est dit. On ferme les fontaines, on coupe les jets d’eau, et on remplit les jardinières. Une à une, toutes les fontaines disparaissent. Reste encore les bassins du Champ de Mars (mais ce sera bientôt fait), la fontaine Sainte-Marie, la Crosse… d’autres encore, et évidemment celle de la place dite du 19 avril 1944. Où ça ? Vous savez-bien, là où sont les Floralies et le Socrate. Ah bon, ils vont fermer celle-là aussi ? Mais non, Bécasse, tous nos électeurs y prennent l’apéro. Celle-là, on la garde.

CCXXVI.

Il y a longtemps, dans Paris-Normandie, paraissait chaque semaine une rubrique intitulée Le Courrier de Marie Malone. C’était une sorte de courrier des lecteurs, genre Ménie Grégoire sur papier, mâtiné de Clara Candiani. Pas jeune, tout ça. Marie Malone (c’était le pseudonyme d’Annie Guilbert) possédait un brin de plume et pas mal d’humour. Durant des années, elle accrocha le lecteur, le rivant à l’achat du journal. Autant dire que, oui, c’était il y a longtemps.

Il faut se demander pourquoi de telles plumes n’existent plus. Ou, si elles existent (sans doute), pourquoi ne leur donne-t-on pas toute latitude pour s’épancher. On connaît la réponse : le conformisme ambiant. La peur du trop et du pas assez. La presse en est à ce point qu’il lui faut sauver les meubles. Un pas de côté, un exercice hardi, une originalité, et c’est le risque pris. Celui assuré de heurter ou dérouter. De déranger le train-train. Donc de perdre.

Ces craintes, on le sait, ne sont que fumisteries en forme d’alibi. Il s’agit, au vrai, d’un manque de courage ou de confiance. De courage pour soi-même. De confiance envers les lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs. Ainsi lit-on l’équivalent dans le Journal littéraire de Paul Léautaud, secrétaire au Mercure de France. D’un lecteur mécontent qui rendait son abonnement pour un article trop trop, Alfred Valette, le rédacteur en chef, disait : Celui-là se désabonne. Un autre s’abonnera (retrouver le passage). Le Mercure de France vécut une bonne quarantaine d’années, et disparut (ou quasi) avec la mort d’Alfred Valette. Par la suite, inutile d’en parler.

Il en va tel de nos jours. Plus d’Alfred Valette et plus de liberté de ton. Sinon dans les blogs ? Mais sont-ils lus ? Mon Jérôme de neveu m’assure que oui. Il me fournit parfois le compte de mes lecteurs et lectrices. Je mélange hits et visites. Il paraît que ce n’est pas la même chose. En bon traditionnaliste, je préfère les visites aux hits. J’ai peut-être tort.

Là où j’ai raison, c’est de penser à autre chose. Par exemple que je suis seul à être de mon avis. Plus de complicité intellectuelle avec quiconque. Relations de voisinage d’idées, confrontations de point de vue ? A peine. Le personnel politique local me navre. Les autorités savantes (professeurs, avocats, médecins, décideurs de tous crins…) travaillent. Entendez qu’ils gagnent l’argent qu’ils aiment dépenser. Quand aux artistes, misère, qu’en dire ?

Je sais que je suis injuste, mais comme dit l’autre c’est mon opinion. Une tendre amitié me lie au chat-squatter de l’immeuble. Disciple de Raymond Aron (me dit-on) il prend les choses à distance (excepté sa pâtée). Il dit que j’attends trop des autres et pas assez de moi-même (ou le contraire ?) Bref que je m’illusionne. Et que, au final, je suis dans le confort, pas l’effort. Peut-être.

Voilà bien où l’âge est impitoyable. Tout s’échappe. On a prise sur peu de chose. Alors qu’il s’agit de passer la main, on s’aperçoit qu’on l’a déjà perdue. Bref, qu’on se fourvoie. C’est alors qu’on conclut sur cette phrase célèbre : j’ai été floué.

CCXXV.

L’autre soir, au Vieux Marché, regardant passer Élisabeth Macocco, me revenait ce vers familier O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! C’est dire mon émotion ! La chaleur sans doute. Ou L’Âme du Vin pour conserver l’esprit baudelairien. Rentré, je me suis dit que j’étais bien bête de m’en faire. Après tout, ils n’ont que ce qu’ils méritent. Qui ? Les gens de théâtre, les théâtreux. C’est de leur faute si le théâtre est devenu ce qu’il est, à savoir du Cirque. Viva Cité et compagnie, les cracheurs de feu, les équilibristes, les dresseurs de chats.

Quand on se risque, c’est pour Feydeau ou Tchékov, du cent pour cent garanti. Le reste se passe à Paris. Sinon à Barentin, à en croire mon quotidien matinal où, parait-il, un valeurel cultureux s’efforce d’animer Mondory. Grand bien lui fasse. Encore un qui ne tardera pas à se tordre le foie. Et conclure qu’il a perdu son temps.

J’ai trop aimé le théâtre pour apprécier ce qui se fait désormais (je veux dire ici). Pas de public me dit-on. Pas de lieu non plus. Pas grand-chose finalement : volonté, entrain, besoin. Bref, rideau. Pour l’été, on a cru bon de me convier à villégiaturer chez des amis dans un mas situé en Avignon. Là où est le festival. On croit me faire plaisir. Pensez si je vais traîner en la cour du Palais des Papes ! Entendu à la radio qu’il n’y a plus que danse et musique. Merci bien. Dans la villa, il y aurait aussi une piscine. Merci encore.

Anniversaire oblige (79 ans !), on m’invite de nouveau à dîner. Cela se passe place Cauchoise, à L’Écaille. Je n’ai pas à jouer les Bibendum pour dire ce qu’en pense. C’est aussi cher que c’est parfait. Bref, trop c’est trop. Ou pas assez ? Là encore, ces amis croient me faire plaisir.

Jérôme : tu n’es jamais content. Non, je ne le suis jamais. Je ne l’ai jamais été, je ne le serai jamais. J’avais dix ou douze ans que mon père (voici venu le temps de penser à lui) me demandait : rien ne te ferait plaisir ? Non, rien. J’avais envie d’autre chose. Quoi ? Si je l’avais su ! Si je le savais !

A L’Écaille donc. Où les souvenirs reviennent. Ce fut autrefois Les Oubliettes, cabaret des moins fréquentables, lequel se transforma en un Bovary guère plus fréquenté. A moins d’y chercher… Ce qu’on aurait des difficultés à trouver dans le présent restaurant (encore que, sait-on jamais !) Mais avant d’être tout ça, il fut, un court temps, années d’après-guerre, un premier Bovary, et devinez quoi, un Bovary-Théâtre ! J’y ai vu Antigone de Jean Anouilh par le Rideau Pourpre, troupe d’amateurs. M’en reste une passion pour un auteur dont on vient de non-fêter le centenaire.

D’autres choses aussi. Des sketchs d’après Bertold Brecht, je crois. Tout se mélange. Le jeu des acteurs et celui des serveurs de L’Écaille. Ces derniers évoluent comme s’ils étaient certains de remporter, ce soir, un grand succès. Sûrs d’eux-mêmes et du texte. Et du public qui n’y connaît rien. Ni en théâtre, ni en cuisine.

CCXXIV.

Soir d’été, je me laisse traîner à dîner dehors. Cela se passe au Vieux-Marché. Vrai qu’il y a là une ambiance certaine et qu’on n’y est pas plus mal qu’ailleurs. Surtout par ces temps où le touriste abonde. Eva Molineux, c’est notre habitude, fait la généalogie des enseignes disparues ou transformées. Là Le Français, là Le Parisien… Chez Gentil, La Toque d’argent, Le Colmar, La Moulière, l’Écu de France, La Marée… Plus qu’un guide culinaire, c’est un cimetière. On cherche, on hésite, on commémore, on oublie… Tu te souviens de Pigoult ? De Pons, de Léveillé ? Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ? Oui, sur la fin, ce dîner vire au colloque sentimental.

Je dois être de bonne humeur. Je ne récrimine en rien. Ou de rien ? Comment utiliser récriminer ? Après consultation, il apparaît qu’on récrimine contre quelque chose. Donc, ce soir, je n’ai à récriminer contre rien. Même en cherchant bien ? Oui, même en cherchant bien. Ou alors, disons que…

Quelle faillite que les abords du monument Arretche. La Municipalité laisse le périmètre à l’abandon, ne cherchant nullement à y regagner de l’espace. Pourquoi ne pas supprimer le stationnement, ces ridicules bosquets végétaux, ces marches, contremarches, murets, sur-murets… sans parler de la persistance de halles qui n’en sont pas, qui n’en n’ont jamais été. Qui n’en seront jamais. Halles d’une saleté sans nom et qui virent au débarras pour tous. Il serait, avec de l’imagination de relier le haut et le bas de la place, de mettre l’église au centre d’un parc urbain… bref, de mettre de l’usage où il n’y a que de la fonction. Enfin bref, comme d’hab.

On dit que le Musée Jeanne d’Arc va disparaître. C’est un peu tant mieux. La figure ne mérite pas ce costume étriqué. L’ère touristique mondiale étant venue, Rouen possède là une ressource incomparable. Sans risque, Jeanne d’Arc se décline en littérature, en cinéma, en peinture, en théâtre… en colloques historiques, en disputes savantes ou politiques. Vrai, tout pour faire venir du monde qui dépenserait des sous (l’essentiel désormais). A ce titre, Jeanne d’Arc c’est l’Armada et l’impressionnisme réunis. Mais vrai aussi que personne n’y croit.

Quoiqu’épuisante, la soirée m’amuse. Moi qui ai horreur des terrasses, je suis servi. Et pas question de me plaindre du froid. Le flux ne cesse d’aller et venir. Le restaurant fait presque trois services par table. A un moment, j’aperçois, passante, Élisabeth Macocco. Eva, toujours charitable : Elle est encore pas mal. Ce n’est pas faux. On s’accorde à dire qu’elle n’a pas eu la carrière qu’on pouvait en attendre. Finira-t-elle par mourir à la tête des Deux Rives ? Possible. Probable. Elle n’y fait pas grand-chose, sinon gérer la pénurie et la prétention des lieux.

Enfin, bref, où en étais-je ? Ah, oui, aux restaurants d’autrefois, par exemple à La Moulière où les serveuses réclamaient les plats en cuisine en criant : J’attends un bœuf ! J’attends une moule ! Mais de La Moulière et de ses serveuses… encore une chronique à écrire.

Sur ce, il nous faut rentrer et digérer ces maudites profiteroles. Quel hypocrite !

CCXXIII.

Difficile d’échapper à ce délire qui nous envahit en ce culturel été. Prenez-garde à la peinture ! lisait-on autrefois sur les murs. On n’avait pas tort. Je m’étais pourtant bien juré, mais faire autrement ? Rouen Chronicle c’est de la littérature, autant que du commentaire. Pourquoi ne pas m’y résoudre ?

Il y a peu, Daniel Authouart, peintre local pour l’international (le contraire ?) donnait son avis sur ce carnaval pictural : de l’art étalagiste… sans pérennité. L’homme sait de quoi il parle. Dans le genre, c’est un expert.

N’empêche, je lui donne raison. Que restera-t-il de tout cela à Noël ? Rien. Beaucoup de papier imprimé, sans compter les factures afférentes (payées ou pas). Ce monde est ainsi fait que, les festivités à peine à leur mitan, on parle déjà des voiliers du bout du quai. Hein, ce que c’est que nous ! Et des autres !

L’autre soir, A*** qui s’y connaît en peinture comme moi en géranium (simple exemple) me recommande une belle exposition à la Chambre de Commerce. Le hasard veut (qu’est-ce qu’il ne faut pas écrire !) que je passe près de là au cours de ma promenade kantienne. Un pas de côté et me voici dans l’antre des décideurs locaux. Ladite exposition est à l’étage. Là sont les salons d’apparat et la salle des délibérations.

Resté dans son jus de 1951 ou 52, le Palais des Consuls est un des plus bâtiments de la ville. On le sait, sa décoration intérieure est superbe, ni trop, ni pas assez. Fonctionnelle, intégrée, la réussite est patente. Pour les amateurs, outre les bas-reliefs de l’escalier (Maurice De Bus), je recommande les luminaires et les appliques (Raymond Subes et André Arbus).

Pour ce qu’il en est de l’expo, c’est de l’École de Rouen, meilleure et pire manière. En veux-tu en voilà. Bref, des toiles achetées durant des décennies par les consuls siégeant dans la salle d’à côté. Seul point de bon sens : tout dans le raisonnable et sans curateur pour nous expliquer le pourquoi du comment.

Les lieux sont calmes, silencieux, il n’y a personne, on prend son temps. L’occasion de voir que Pierre Le Trividic n’est pas n’importe qui, que Pierre Hodé, c’est à tomber par terre, et que Pierre Dumont, c’est ce qui excède. Oui ici, et seulement, prenez-garde à la peinture ! Le reste ne vaut guère. Ou alors si, dans la galerie, une grande machine de Reynold Arnoult, peintre oublié. On s’apercevra un jour qu’on a eu tort.

Sortant, voici le Pont Boieldieu et la boite d’allumettes d’Arne XV. Ce mikado de Gulliver, anodin et amusant, plaît tellement que voilà t’y pas qu’il est question de le conserver. Belle idée. Avec les sinistres joyeusetés de Jean-Marc De Pas, le PAL (Pont des Arts Locaux) est sur la bonne voie.

Qui disait : l’art c’est ce qui résiste ? Peut-être un fervent (comme moi) des quatre blocs de Jean-Marie Baumel. Ils tiennent le coup ceux-là. Au grand dam des décideurs cultureux du coin. Ah, disent-ils : l’art véritable, on en a marre, ce qu’on veut c’est du rigolo. Encore un effort, on y est presque…




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