CCXXII.

Jadis, j’appréciais Georges Haldas, auteur suisse. Pour un titre surtout : Gens qui soupirent, quartiers qui meurent. D’autres aussi, le bonhomme ayant beaucoup écrit. Et écrit toujours, semble-t-il. Pas relu depuis des lustres. Il fut un temps où il sévissait sur France-Culture, dans le genre un brin pontifiant, prêchi prêcha, l’habitude de la maison. J’écoutais d’une oreille.

Les livres restent-ils ? Possible. Je me souviens aussi de Chronique de la Rue Saint-Ours. Du reste, il semble qu’il ait le bonheur des titres. Ainsi qui ne voudrait lire : Chute de l’Etoile Absinthe, Légende des Repas, Légende des Cafés, Cortège des vivants et des morts, Le Maintenant de Toujours… Il a aussi écrit, Jérôme me l’apprend, une Légende du Football. Par les temps qui courent, la lecture s’impose…

Je dois en avoir quelques-uns, de ses bouquins, sur mes rayonnages. A chercher. Mais je ne cherche plus. Je préfère emprunter aux Capucins ou à l’Espace du Palais (je me refuse à dire le vrai nom du lieu). C’est plus simple. L’ennui c’est qu’on y trouve de moins de moins de raretés. Et surtout pas Georges Haldas (enfin, à peine).

Ce qui change, en revanche, c’est que depuis peu, il y davantage de bibliothécaires. Avant il n’y avait que des bibliothécaires. A présent il y a quelques bibliothécaires. On va me dire que c’est la même chose. Pour moi, non. Je préfère les bibliothécaires aux bibliothécaires.

Mais enfin, qu’est-ce qu’il raconte ? Il commence à débloquer le vieux. Sans doute, mais je maintiens l’ambigüité du genre. Les nouveaux bibliothécaires sont au masculin, les anciens sont des anciennes. On me dit qu’elles partent à la retraite. Grand bien leur fasse. Par les temps qui courent, ça ne durera pas. On profitera donc des nouveaux un certain temps. Et de Georges Haldas encore plus.

Tout ça pour dire que je n’aime pas les livres neufs. Je n’achète jamais, plus jamais, de parutions. Que de l’usagé. Du qui a fait son temps. C’est au point tel, que je me méfie du livre presque neuf trainant sur les piles du bouquiniste. Ça cache quelque chose.

Quelle meilleure lecture qu’un défraîchi trouvé dans un carton du Clos Saint-Marc ? (et pour un euro !). Quelle meilleure lecture qu’un volume éclaté, jauni, avec des taches de café, comme on en trouve aux Capucins. Ça c’est de la lecture ! C’est du vécu. Alors que la nouveauté glacée à prix code barré, merci bien.

Y a-t-il encore des bouquinistes sur rue ? Quelques-uns. Je les connais mal. Je me souviens, il y a longtemps, de la petite boutique située derrière le musée Le Secq des Tournelles, rue Charles-Lenepveu. En deux parties, une en plein vent, l’autre à la lueur du chauffage électrique. Là, on trouvait de tout. Dans la mesure des envies. Pas dans la surproduction d’aujourd’hui.

Qui se souvient de Madame Collet, de Mademoiselle Pallier ? De Mademoiselle Dargent, rue Alain-Blanchard ? Et de Madame Fabry, rue Molière ? Tiens, à l’époque, les bouquinistes étaient des bouquinistes. Aujourd’hui, c’est fini, il n’y a plus que des bouquinistes. Enfin, à peine.

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