CCVI.

Il semble que Le Fanal de Rouen nous prépare une nouvelle formule. On l’annonce sur le ton de vous allez voir ce que vous allez voir. Tant mieux. L’ancienne commençait à lasser. Astuce du jour, la rédaction donne ici ou là un aperçu du chemin emprunté par le nouveau quotidien. Loin de se risquer à désorienter le lecteur (pardon, le lectorat) la mouture projetée effectue un retour aux fondamentaux. Ce, pour l’aspect contemporain. Mais le fin du fin, elle compte revenir, mine de rien, aux vieilles recettes. Jugeons là de son courage.

Je n’en veux qu’un seul exemple. Ce vendredi 23 avril, page 4, le compte-rendu d’un procès. Il s’agit d’une vaseuse affaire de viol. A Rouen, une étudiante américaine, plaignante, aurait été saoulée par un sympathique serveur de restaurant. Sympathique, elle le trouvait tel. Au début. Son service terminé, ledit serveur entraîne Mallory chez lui. Et là… Bref les versions divergent. A lire les détails qui illustrent les faits, on se félicite de n’avoir pas choisi le Droit comme matière professionnelle. Mais là n’est pas la question.

La question, c’est le compte-rendu du procès et son style. A mon sens, il illustre à la perfection la nouvelle donne du journal. Passons sur la description de l’étudiante vue comme une petite femme blonde à la corpulence menue. J’imagine qu’il s’agit d’une norme américaine. Comme lorsqu’on choisit un tee-shirt : si on fait du 40, il faut prendre M. Corpulence menue, c’est le côté chaîne Macy’s. On verra la veine libérale et mondialiste du futur Fanal.

Puis vient la description du serveur agresseur ou supposé tel (le juge le dira). L’inculpé se prénomme Ahmad, prénom… comment dire… pas français. Plutôt Moyen-Orient ou dérivé. Vous me direz, ce fut-il appelé Lucien, Narcisse ou Jean-Michel, les faits restent les faits. Je suis d’accord. Point notre Fanal qui tient à marquer la distinction et en termes illustratifs. Car si Ahmad il y a, on se doit de souligner son teint olivâtre. Et s’il proteste de son innocence, il le fait dans un français approximatif.

Avouez que teint olivâtre et français approximatif sont admirables. Il y a belle lurette que nous n’avions lu cette de prose. D’habitude les rédacteurs du Fanal se contentent de maltraiter syntaxe et lecteurs. Selon l’humeur, c’est amusant ou consternant. Parfois je me dis que je devrais relever ces cuirs et les rassembler en un genre de Le Paris-Normandie tel qu’il s’écrit. Mais ce jeu, cette chandelle ? Peine perdue.

Tandis que pour ce qu’il en fut d’Ahmad et de son compte-rendu, c’est moins drôle. L’attentif lecteur doit-il y voir un aperçu de la future ligne éditoriale ? Elle rappelle une certaine presse d’autrefois, du genre Gringoire, Candide et Je suis partout (nos arrière-petits-neveux iront en bibliothèque voir ce qu’il en est). Vrai qu’elle s’est vendue cette presse, bien vendue, et auprès de la jeunesse du temps. Cette jeunesse n’a pas été retrouvée. Du moins pour ce qui est d’acheter des journaux. On se félicitera donc que Le Fanal de Rouen parte à sa recherche.

Aux dernières nouvelles (il en faut) Ahmad a été jugé coupable. Il n’est pas le seul.

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