CCV.

La fourrure revient à la mode. Tant mieux. Vraie ou fausse, elle est bien agréable. Surtout pour moi, qui ai toujours froid. Durant des années, j’ai eu un dessus de lit en renard. Incroyable, oui, en vrai renard. Il a fini mité, perdant ses poils, un brin répugnant. Je le regrette. Il doit être loin, ce renard, à l’heure qu’il est. J’apprends le retour de la fourrure par la télévision, un reportage d’Envoyé spécial où l’on voyait un élevage de fameux lapins à la fourrure imitant à ravie le vison. Aux Pays Bas, l’élevage, je crois bien. Il fallait voir l’abatteur prendre les malheureux Jeannot et les électriser de belle manière. Sans guère d’attention cependant car certains, une fois accrochés au petit chemin de fer, gigotent encore. Dame, il faut gagner sa vie et les cadences sont infernales. Au Pays Bas ou ailleurs. Bref, la fourrure revient à la mode.

Ici, à Rouen, il n’y a plus de fourreurs. Je me souviens des Fourrures Roger, du Léopard des Neiges, de A l’Ours blanc, et A la Martre de France… toutes boutiques antiques et valeureuses. On n’y parlait pas lapin, non, mais chinchilla, astrakan, murmel, rat musqué, si ce n’est opossum. Les Rouennaises du temps aimaient la variété et n’avaient pas le cœur sensible. J’en sais quelque chose. De fait, on s’interroge peu sur les liaisons entre le bronze des âmes et la disparition de tel commerce ou métier.

Souvent ce n’est pas l’économie qui prime, c’est le sentiment. La grandeur d’âme. Pourquoi le petit commerce se meurt ? Pourquoi veux-t-on l’ouverture le dimanche ? Pourquoi attend-t-on toujours au guichet de la Poste ? Les spécialistes de l’économie en discutent. Et fournissent des réponses qui ne valent rien. La vérité, c’est qu’on est trop sentimental et pas assez amoureux. Et mal à propos. Personne ne veut faire de peine à personne. Donc on en fait à tout le monde. Au vrai, on s’en f*** et contref***. Le monde est cul par dessus tête. La vie devient impossible. En privé, personne ne s’aime. En public, c’est le contraire. Mais le réel ? Quid de l’ombre, quid de la lumière ? En fait, la Poste hait ses clients. Les usagers haïssent les Postiers. Etc. Les seuls à y échapper sont les lapins (excepté aux Pays-Bas). Les lapins sont les seuls gentils qui restent.

Les commerçants, eux, sont des salauds. Surtout les fourreurs. Du reste, il n’y a plus de fourreurs. Au ce sujet, on a le souvenir d’un poème de Louis Aragon, où le dernier vers loutre marine rime avec vitrine. Je ne sais plus dans quel recueil. Ce poème, Léo Ferré l’a mis en musique. Pas tant Léo que son épouse Madeleine, la véritable artiste du couple, laquelle fut méprisée et abandonnée pour une guenon. Mais Aragon, Ferré et Madeleine ne sont plus à la mode. Les guenons davantage.

Bon, mais ça n’était pas tant ça dont je voulais parler. Je voulais revenir sur un sujet à peine effleuré dans une précédente chronique. C’était quoi, déjà ? Bah, ce sera pour une autre fois.

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