CCIII.

Rencontré B***, homme proche de la Mairie et attentif lecteur. Dites, vous y avez été fort avec votre chronique sur la fermeture des marchés… Apparemment, je ne suis pas le seul. Paraitrait qu’une pétition circule et qu’on se mobilise. Tant mieux. J’argumente, mais B*** est homme de conviction : on ne torpille pas les bonnes raisons d’une Gauche élue. M’entretient de la réalité des chiffres, des peurs irraisonnées de l’opinion… va jusqu’à nier que ce débat puisse exister. Tout ça, selon lui, esbroufe de droite et guéguerre revancharde. Las, je n’ai plus que ma mauvaise foi. Face à ces arguments économiques, inclinons-nous. Pourquoi ne pas supprimer tout de bon le nettoyage des marchés ? Au final, la ville n’en sera pas plus sale qu’elle n’est déjà. B*** hausse les épaules.

A se reporter quelques mois en arrière, ce qui arrive aujourd’hui est assez croquignolesque. Imaginons l’ancienne municipalité (battue et archi-battue en 2008) prenant la décision de fermer le marché des Emmurées à 13 h ! Imaginons l’ancienne municipalité réduire à rien un projet de Médiathèque ! Imaginons la même célébrer ad nauseum une fastueuse exposition à uniques visées sonnantes et trébuchantes ! Imaginons l’encore même s’applaudir de l’ouverture d’un hôtel quatre fois étoilé en centre ville ! Imaginons enfin que tout cela prenne l’apparence de la détermination plutôt que celle du renoncement. Que n’entendrait-on pas de la part de ceux et celles qui… Enfin, bref.

Il fut un temps, pas si lointain, où lorsque le Football Club de Rouen (c’était le FCR d’autrefois) perdait un match, la presse locale titrait : Belle victoire défensive des Diables rouges. C’était bien vu. Les entraineux (pardon, les coach) et les journaleux (pardon, ceux de la comm’) ont l’allure de vieux routiers de la politique. Et l’inverse vaut. Les politiques d’aujourd’hui ne sont rien davantage que des sportifs de touches et des animateurs de séminaires de ventes. Gérer et animer une ville (une agglomération) revient à tenir un stand à la Foire-expo. C’est qui l’invité cette année ? C’est Lilliput.

Comme me disait je ne sais plus qui : il faudra bien que ça s’arrête un jour. Probable. Mais il n’est pas certain que ça nous fasse sourire. Il est des bateleurs, d’extrême droite et d’extrême gauche, qui attendent d’entrer en piste. Ce ne sera pas faute d’avoir été prévenu.

Pourquoi voir si noir, pourquoi exagérer, pourquoi jouer les mauvais augures ? C’est avoir raison à bon compte. Comme dit B*** : Avec ça, qu’ les Autres étaient mieux ! L’argument a son poids. En politique, il ne faut jamais perdre. Il faut toujours gagner. Même si on perd. C’est la morale (et le moral) des sportifs.

Ainsi donc, rangeons-nous à l’avis général. Soyons au goût du jour ! Oui, Félix Phellion, 79 ans bientôt, une carrière honorable derrière lui, met tous ces espoirs dans l’avenir, tremble et espère, mais garde la foi. Devant qui, devant quoi ? Pardi, dans la victoire des Canaris, mercredi, à Caen ! Mais Pomme, c’était hier ! Non ? Vous m’en direz tant…

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