CXC.

S’il est une chose à déplorer, c’est désormais à Rouen, l’absence d’exigence intellectuelle. Entendez là qu’on se contente de peu. On s’en arrange. On se résigne. Comme dit Carabine me faisant un bas de pantalon : bon, ben, voilà, ça ira comme ça. Toujours dans l’à peu près et le définitif en forme de provisoire.

Tout s’inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler le satisfecit de forme. A moins que ça ne soit du j’menfoutisme. Le pire c’est que, du décideur ou de l’intéressé (ce sont les mêmes) chacun en tombe d’accord : on va pas se casser la nénette. Ceux qui ne sont pas contents, se contenteront. Mourront ou iront voir ailleurs.

Je m’étais promis d’arrêter. A force de ressasser, ça se porte sur le caractère et mon entourage (quel mot !) me trouve insupportable. Bref, laisse tomber, prend un bon livre et vogue la galère.

Eh bien non. Aucune résignation. Nul renoncement. Je ne puis laisser passer une page entière, il y a peu, du quotidien local. Consacrée aux bibliothèques, elle n’est qu’un décalque du discours autorisé de l’adjoint chargé desdites, par ailleurs administrateur (me dit-on), dudit journal. C’est dire que la journaliste (à supposer que…) signant l’article n’a guère eu de difficulté à faire son enquête.

Car elle a fait enquête ! Elle a (nous avons dit-elle), testé trois bibliothèques du réseau (oui, elles sont en réseau). Au vrai, elle aligne autant les chiffres que les clichés. Il y a ainsi 35 490 bouquins à Saint-Sever, d’où des rayons foisonnants. A Roger-Parment, ce sont de nombreuses tables de travail d’où une ambiance studieuse. Passons sur l’éclectique collection des livres étrangers laquelle permet – tenez-vous bien – de relire Bridget Jones ou Jane Eyre… dans la langue de Shakespeare. Avouez que…

Oui, je sais, tout ça est écrit à la va-vite, sans se fouler, sans risque pour ce qu’elle en est payée (j’imagine). Bref, ça n’est pas à la malheureuse que j’en veux, c’est plutôt à celui qui lui guide – peu ou prou – la main. C’est lui le fautif. Lui qui couvre de son autorité intellectuelle (il en a) de pareilles fadaises et ces demi-vérités. Et qui défend qu’on dise, dans ces colonnes, le vrai du vrai de la chose.

Guy Pessiot, je ne vous connais que de vue. Je sais que vous êtes honnête (je le crois, c’est déjà ça). Vous m’avez adressé un message ici. Vous avais-je blessé ? Si oui, je m’en veux (pas beaucoup, mais un peu) de l’avoir fait. Vous m’assurez de votre bonne foi. De votre espoir, de votre modestie… et de vos quarts de réussites. Et m’assenez ce coup de patte final : la critique est facile, l’art est difficile (je résume).

Admettons. Dès lors je vous laisse. Je vous laisse le sabordage de l’ex-future Médiathèque, le dynamitage de la bibliothèque Villon, le néant intellectuel des acquisitions, l’ahurissement des horaires, le mépris porté aux lecteurs lettrés (excusez, c’est un gros mot)… bref, je vous laisse l’extinction, l’effondrement, le naufrage… je vous laisse la politique culturelle locale, les archives, la recherche, la documentation, je vous laisse…

Oh, et puis, à quoi bon ?

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