CLXXX.

Paraîtrait qu’il y a du rififi en ville, rapport au cinéma. La multiplication des écrans des grands hangars à films (Ugc, Pathé Docks et Gaumont de Quevilly…) entraîne, ispo facto, la fermeture de salles indépendantes vouées aux programmes d’Art et Essai. N’allant plus au cinéma, regardant des films par ci par là, à la télévision, je ne sais rien de ce qui va suivre. Voici donc du ouï-dire parfaitement rouennais.

Le Gaumont de la rue de la République (l’antique Omnia) étant voué à la fermeture, la Municipalité a décidé d’acheter murs et fonds. Fort cher. On y a imaginé une manière de cinémathèque locale (six salles, des milliers de films…) dont la gestion sera confiée à quelqu’un qui s’y connaît. Ou pas. Ou tout comme. Bref, la Ville pourra se targuer là d’une jolie vitrine culturelle.

La question qui agite : quid du Melville, ex-Clubs, ex-Cinédit de la rue Général-Leclerc. Fermera, fermera pas ? Déclarations, pétitions, serments et contre-vérités se succèdent… dans l’épaisseur et le bonheur du débat politico-cinématographique local. Amusant de constater que le public cinéphile local, votant comme un seul homme (ou quasi) à Gauche, devra ingurgiter le projet municipal et s’en féliciter. Il le fera. En politique (il ne s’agit que de ça) on ne doit pas se déjuger.

Le cinéma à Rouen a son histoire. Rien que d’évoquer le Cinédit, c’est de la mémoire qui s’agite. Ou le Normandy. Aussi le Studio 34, petite salle de la rue des Carmes, là où, vers la fin des années Cinquante, on passait des films « difficiles » ou réputés tels. Ou encore l’Éden, rue Jeanne d’Arc. J’y ai vu, souvenir précis (qui ne regarde que moi) Attaque de Robert Aldrich. En quelle année ?

Puisque nous en sommes aux adresses du passé, qui se souvient de l’Omnia d’avant le multisalle ? Son décor années Cinquante, ses fresques, ses staffs, ses moquettes, ses rideaux et ses jeux de lumière… Outre des films porteurs on pouvait y voir des soirées de gala ou des tournées de chanteurs. J’y ai applaudi Gilbert Bécaud (genre oublié). En quelle année ? J’arrête, ça vire au troisième âge. Sinon au quatrième.

Autre chose (quoique). Une attentive lectrice (sans la connaître, je l’imagine charmante) me réclame des nouvelles d’un bouquin de Simone de Beauvoir cité dans une dernière chronique. Dit-elle : Mais c’est quoi Tout compte fait ? Vous me le conseillez ? Il s’agit de la quatrième et dernière partie des mémoires de la célèbre. En fait plus un essai qu’un récit autobiographique, paru en 1972 chez Gallimard. Pour ce que j’en ai retenu car pas relu ça. Je dois en avoir un exemplaire, dédicacé s’il vous plait, dans ma bibliothèque. Mais je ne vais pas risquer de ma casser la figure à aller vérifier. A cause de ce traître d’escabeau, je ne lis que ce qui est à portée de main. Dit-elle : Vous me le conseillez ? Chère amie, je déconseille aux filles la lecture de Simone de Beauvoir. C’est un auteur pour les garçons.

2 Réponses à “CLXXX.”


  • Je me souviens bien de l’Omnia des années 60 où se tenait à chaque fin d’année scolaire la distribution des prix. Répétition du spectacle pendant le dernier trimestre, uniforme jupe plissée bleu-marine, chemisier et gants blancs pour aller chercher des livres en récompense à l’appel de son nom. J’adorais cette journée car ensuite ma mère actualisait mon trousseau d’été et direction la mer pour toutes les vacances. L’Omnia, pour moi, c’était le signe annonciateur du départ vers le paradis.

  • Ah, oui, merci, j’ai lu les autres mais pas le dernier. Je sais surtout qu’elle réprouvait le repassage des chemisiers, entre autres basses besognes ménagères. Mais pour dire ça, elle était sûrement « aidée » à la maison. Une bobo, quoi !

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