CLII.

Retour sur l’allée Eugène-Delacroix, où j’ai déjeuné l’autre midi avec J***. J’ai placé les lieux (sans en être certain) sous l’intitulé du Magistrat. Piéton scrupuleux, je suis allé vérifier ; il s’agit de La Brasserie des Beaux-arts. Cela ne change rien à la qualité de ce qu’on y mange, remarque qui vaut pour nombre de brasseries et restaurants locaux. Déjeunant assez souvent ici ou là, je ne peux que déplorer la médiocrité (au sens strict) de la cuisine.

Certes, le montant de mes retraites me cantonne dans les « prix moyens ». Je suis donc abonné au plat du jour, formule du midi, ardoise du chef… et à leurs déclinaisons prévisibles. Rares sont les endroits où l’on puisse espérer mieux (ou pire). Qui peut encore avaler une crème brûlée à Rouen ? Plus moi.

Ici n’est pas le lieu de la gastronomie. J’aime manger, guère déguster. On ne se refait pas : je ne suis pas un gourmet. N’empêche, il y a des limites. Itou pour les pizzerias et les chinoiseries.

Au vrai, il n’y a plus de vraies brasseries. De celles d’autrefois où l’on mangeait vite fait une omelette-frites et un gâteau de riz, arrosés d’une bière. Où les œufs mayonnaise étaient des œufs mayonnaise ; où les harengs marinés étaient des harengs marinés ; les sautés de veau, des sautés de veau ; la sauce gribiche, une sauce gribiche…

J’ai longtemps déjeuné au Grütli, rue de la République ; à La Lorraine, rue Cauchoise ; à La Consolation, rue de l’Hôpital ; au Nico-Bar, rue Grand-Pont ; au Café de la Poste, rue Jeanne d’Arc… et surtout au Parisien, chez Gentil, au Français, à La Moulière… toutes ces enseignes du Vieux-Marché, depuis disparues. Ce n’est pas tant qu’on y mangeait bien ; c’est que chacune avait sa carte, sa personnalité, son tempo, sa couleur. Mais nos habitudes y comptaient pour beaucoup. Peut-être. Sans doute.

Souvenir d’un midi, au Français. Nous déjeunions en bande. C’était vers 1966 ou 67. Hiver ou été, je ne sais plus. Nous étions là, bien. Et tellement, qu’au lieu de retourner travailler, nous avons entrepris une partie de bowling (un des attraits du lieu). Six heures plus tard, toujours là. Bientôt huit, le temps de prendre l’apéritif et de se remettre à table. On dira ce qu’on voudra, nous n’étions pas exigeants.

Je profite d’être entre la poire et le fromage pour une adresse au lecteur. D’emblée, dès le début de Rouen Chronicle, je n’ai pas voulu réagir aux messages, ni répondre aux questions. Ça n’est guère poli. Incorrigible bavard, je crains d’être entraîner dans une correspondance où je finirais par me battre les flancs et ne savoir quoi dire. Pour autant, vos messages me sont chers et pour beaucoup, me consolent. De quoi ? De vieillir avec des moments de vérité. Ben, dites donc, ce n’est pas gai. Non.

Autre chose : j’ai délaissé ici la politique, chose qui m’importe. C’est que j’y réfléchis trop. Dans ce domaine, seule compte l’action. Mais aussi qu’en dire qui ne désespère soit Jouvenet, soit Grammont ? Va savoir… Qui peut encore avaler des Croquignols de Rouen ? Plus moi.

1 Réponse à “CLII.”


Laisser un Commentaire




RESSOURCES DOCUMENTAIRES |
dracus |
medievaltrip |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | childrenofsatan2
| LOTFI - Un rebeu parmi tant...
| VA OU TON COEUR TE PORTE......