CXXXVI.

Pour coller à l’actualité et dans la série « Rouen méconnu », voici une anecdote qui ajoutera à la légende, déjà riche, de Michael Jackson. Toute hypothèque est désormais levée sur la divulgation d’une visite que l’illustre mort fit dans notre ville. C’était à l’occasion de sa seconde tournée européenne lorsqu’il se produisit à Paris, au Parc des Princes, en 1997. De l’avis des spécialistes cette tournée ne fut pas l’une des meilleures du « Roi de la Pop », et il est de notoriété que certains concerts furent calamiteux. Mais là n’est pas notre propos.

La municipalité fut, un jour d’octobre, avertie que Bambi voulait visiter, hélas brièvement, notre cité. Ce, on s’en doute, à la condition absolue que l’escapade reste secrète. De fait, alors que les organisateurs de la tournée le croyaient endormi dans son lit du Crillon, Mikael rejoignait le Bourget où l’attendait un avion affrété pat le GLAM.

Le Falcon 900 atterrit à Boos vers 22h10 et son vénérable passager fut accueilli par une délégation municipale composée du maire (c’était à l’époque Yvon Robert), de l’adjoint à la Culture (c’était Jean-Robert Ragache), de la conseillère chargée des musées (c’était Ginette David), et de l’adjointe aux petits-fours (c’était alors, déjà, encore et toujours, Marianne Quesnel).

Il pleuvait. Michael était seul, vêtu d’un vaste imperméable, un chapeau dissimulant ses traits. Tout le monde s’engouffra dans la Twingo de Ginette David. Direction le Musée Jeanne d’Arc. C’était là un des souhaits de la Star, voir « en vrai » l’itinéraire de l’héroïne dont il collectionnait, petit, les images coloriées trouvées dans les barres Bounty.

Le directeur dudit musée, fut tiré du lit et, anecdote inénarrable, c’est en pyjama qu’il reçut la petite troupe place du Vieux-Marché. Michael Jackson s’attarda longuement dans la galerie de cire, ne cacha pas son émotion à l’épisode de la blessure reçue lors de siège d’Orléans, et félicita chaudement le directeur des efforts qu’il faisait pour perpétuer le souvenir de cette figure « very nice ». L’un des moments forts de la visite fut sans nul doute celui du procès de Rouen où Wacko Jacko subjugua son auditoire par la connaissance qu’il avait des différents protagonistes, des arguties juridiques du temps, et des sinistres procédés de l’évêque Cauchon.

La visite s’acheva. Il était tard. Sa Grâce avait-elle faim ? Un peu. Nous étions en novembre, direction la foire St-Romain. L’on vit bientôt nos cinq amis attablés à L’Ours noir devant un solide jarret grillé. La vérité réclame de dire que l’invité ne toucha guère son assiette, se contentant de mâchouiller trois frites tout en buvant une boisson gazeuse « venue d’Atlanta ».

Le temps de faire le tour des baraques qui déjà fermaient, de tenter sa chance à la pêche au canard, ce fut le retour à Boos. L’avion attendait. Les adieux furent brefs. On promit de se revoir… On sait désormais qu’il n’en fut rien et qu’il est inutile désormais d’entretenir des espoirs à ce sujet. Avouez, lecteurs, qu’il aurait été dommage de passer sous silence cette page d’histoire, certes modeste, mais à l’honneur de notre ville.

La semaine prochaine : Pina Bausch aux 24 heures Motonautiques.

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